Ton gîte sur eBay

Une journée à Fouillouse avec Jean-Luc, Chantal, Maro et François.

Jean-Luc et Chantal tiennent le gîte et l’épicerie de la Souste, au coeur de Saint-Paul. Il est parti en pré-retraite, elle a démissionné. Après avoir cherché un moment, ils ont trouvé le gîte sur eBay. Elle s’occupe plutôt de l’épicerie et lui du gîte. Le soir, c’est lui qui mitonne les petits plats pour les visiteurs de passage. Le reste du temps, ils en profitent pour découvrir l’Ubaye, à pied, ou en raquettes.
Aujourd’hui, direction Fouillouse, où ils rejoignent François et Maro pour un bon gueulleton concocté par Jean-Luc. François, lui, s’occupe de la logistique : le feu, la table et les tabourets de billots de bois, à côté de l’igloo qu’il a construit au milieu des montagnes.

Maro est du pays,François des Vosges. Ils vivent ensemble depuis dix ans, et partagent leur amour de la montagne.  Depuis, François a créé Saint-Paul Montagne Service, qui organise des sorties pour les Saint-Paulains et restaure des cabanes de berger. L’association compte une cinquantaine d’adhérents.


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Travailler pour voyager, ou voyager pour travailler?

C’est un week-end rando éclair. Départ de Paris, Porte d’Orléans, le vendredi soir. Le bus déverse les passagers par groupes de six autour de Saint-Paul. Samedi matin, les CAFistes (du Club Alpin français) nouent leurs lacets, crèment leur nez, et la marche débute à bonne allure.

Ange, 4 ans les regarde partir. Il joue distraitement avec une pelle pour déblayer autour de sa maison, mais pas partout non plus. Il tient à pouvoir faire de la luge sur les bosses avec son frère Orso.

Les parents des garçons tiennent les chambres d’hôtes « Les zélés » depuis dix ans à Maljasset, un hameau de Saint-Paul, un peu plus au bout du monde que les autres. Ils viennent de Marseille. Après avoir beaucoup voyagé, ils ont eu envie de se poser en pleine nature. Dès qu’ils ont trouvé une maison dans leur budget, ils se sont décidés et ont acheté. Restaient les travaux à réaliser, qu’ils ont effectué eux-même, pour ouvrir les chambres.

L’hiver, ils accueillent les visiteurs de début février à mi-avril. L’été, c’est de début juin à fin août. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est avoir du temps pour eux, pour leurs enfants et pour les voyages. Chaque année, ils s’en vont à deux reprises, un mois à chaque fois, en famille. Les enfants doivent remplir un carnet de voyage, et raconter les musées qu’ils visitent, l’histoire et la géographie des pays qu’ils traversent. Des exercices de maths et de français sont également embarqués dans les valises.

Quand ils ne voyagent pas et qu’ils ne reçoivent pas de visiteurs, les Zélés coupent le bois, font des travaux, s’occupent du potager. « En semaine, nous randonnons sans les enfants, et, pendant les vacances, avec eux », poursuit le couple, pendant que les CAFistes redescendent des cimes. Pour remonter dans le bus, qui va ramasser les groupes de marcheurs jusqu’à la nuit.

Retour lundi matin, Porte d’Orléans, direction le boulot.

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« Travailler plus pour gagner plus? C’est vraiment pas notre but »

On a acheté un cochon entier. En bas, dans la vallée, à Jausiers, chez Anne et son mari, un workshop s’organise ce samedi, pour faire de la charcuterie et des conserves. Fred, qui fabrique les jouets en bois, est l’initiateur, avec sa femme, Marielle. Denis et Cathy, les instituteurs arrivés voilà dix ans à Saint-Paul, les ont rejoints, ainsi qu’un couple d’amis.

Ils ne sont pas nés ici, mais ce sont eux qui, tous les ans en février désormais, reprennent la pratique. « Je me suis installé ici à 20 ans, puis j’ai eu envie de reprendre la pratique. C’était nouveau pour moi, même si je sais que mon grand-père tuait déjà le cochon », raconte Fred, qui a exhumé les anciennes recettes. Chaque année, les compères de Saint-Paul les répètent. À quelques variations près: les remarques culinaires sont consignées dans l’année, les formules corrigées, et améliorées.

Caillettes, pâtés, boudins, jambons, lard, museau… Les six compères emmagasinent des provisions de cochonailles pour l’année entière. Fred et Marielle ne s’en contentent pas, qui préparent en sus quelques dizaines de conserves de légumes. Ils sont autosuffisants en choux, patates, carottes, poireaux, et tomates. « C’est un choix de vie », commente Fred. « Tout comme d’avoir repris l’atelier et la boutique de jouets en bois. Nous voulons être tranquilles, prendre le temps de vivre ».

Tranquilles, ils le sont. La boutique avoisine la mince route qui mène au fond de la vallée. Seuls les randonneurs et les visiteurs y passent. Créer un site internet pour vendre les jouets partout en France? Pas question. « Travailler plus pour gagner plus? C’est vraiment pas notre but », répond en souriant Fred.

Et comme c’est la saison, on en tue ailleurs, des cochons. Dans les Vosges, par exemple. Arte Radio a mis la séquence en conserve.

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Ce n’était qu’un au revoir

Escapade de quelques jours à Saint-Paul pour revoir la vallée, sous la neige cette fois, en attendant de revenir en juin pour réaliser notre reportage, celui qui paraîtra dans le livre et l’expo de Gueule d’Hexagone.

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Bye bye l’Ubaye

Le projet Gueule d’Hexagone, c’est six tandems -photographe et journaliste- pour six territoires. Nous avions choisi Saint-Paul-sur-Ubaye, un village de montagne.

Une vallée de migrations

C’est là que nous avons cherché Francis le berger, pour finalement trouver Georges, puis Christelle, qui descendent leurs moutons pour l’hiver. Christelle les vendra à l’Espagne et à l’Italie. Georges les destine à la fête de l’Aïd. Une source de revenus pour la commune, qui loue des terres aux bergers.

Mais ce n’est pas suffisant, le village peine à survivre économiquement, tandis que les services publics partent un à un. Les subventions lui sont nécessaires. Et le tourisme vital. Comme l’arrivée de nouveaux habitants.

C’est là que nous avons compris que les migrations font partie de l’histoire de Saint-Paul, même si elles ne sont pas toujours bien vécues

La vallée des instits

Nous avons également été accueillis par la classe unique du village, celle de l’étonnante école numérique.

Et encore, nous n’avons pas parlé de l’internat d’excellence de Barcelonnette. Ni du pôle d’accueil universitaire qui doit ouvrir à la rentrée prochaine également à Barcelonnette: il portera sur les risques naturels puisque la vallée s’y connaît en avalanches, glissements de terrain et changements climatiques.

Notre résidence de repérage se termine. Nous allons maintenant, à tête reposée, identifier un sujet que nous avons envie d’approfondir et revenir pour le traiter à fond.

Les paris sont ouverts, faites vos jeux.

A venir à Saint-Paul

  • 13 et 14 février 2011: le Winter Ubaye Salomon. Courses à pied, dont une nocturne sur le domaine skiable de Sainte-Anne.
  • juillet 2011: les Agriculturelles: journées d’animations et de portes ouvertes des exploitations agricoles du département.
  • premier week-end du mois d’août: Trail Ubaye Salomon.
  • 2011: année du Mexique en France. La fête de Barcelonnette, au mois d’août, en hommage aux hommes de la Vallée partir faire fortune au Mexique, sera donc cette année particulièrement riche.
  • mi-août 2011: journée du Musée vivant de Saint-Paul. Ateliers ludiques, démonstrations des techniques et métiers d’autrefois, en plein air.
  • derniers samedi de septembre: foire agricole de la Saint-Michel, à Barcelonnette. Vente de brebis et ardons, ces agneaux nés en mars et élevés à l’alpage avec leur mère. Une fête ancienne remise au goût du jour voilà 9 ans par les éleveurs de la vallée.
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Sans les murs

Un autre match de foot se joue au fond de la vallée. Ici, ce sont les filles qui ont gagné, sur l’herbe du camping, le long de l’Ubaye. C’est le cours de sport.

Pour suivre le collège, les écoliers devront descendre à Barcelonnette. Finie la classe unique et la récré dans les montagnes. « Les CM2 n’ont qu’une hâte: retrouver des plus grands », constate l’instituteur, Denis Casanova. « Ils nous aident avec les plus petits, notamment l’hiver quand il faut enfiler et enlever les combinaisons de ski, mais ça finit par leur peser ».

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