Cet atelier a été réalisé avec la classe de CE2 de Mme Marine Lambert et avec la participation de M.Gérard.
Photos des enfants de l’école Henri Breton à l’ancienne filature HGP
Des Bretons à la filature (Spéciale dédicace à Plozevet)
Les élèves de CE2 de l’école Henri Breton de Charmes ont visité l’ancienne usine de textile que Jacques Windenberger avait photographiée en 1990.
Dans le cadre du travail documentaire « C’est quoi ces cheminées », que nous avons élaboré avec l’institutrice Marine Lambert lors de notre première résidence en novembre 2010, les élèves de cm2 de l’école Henri Breton sont retournés sur les traces du passé de leurs familles.
L’usine de textile des Héritiers Georges Perrin de Charmes est fermée depuis 1991. De nombreux anciens de la filature vivent encore dans le quartier des Folies, où des barres HLM ont poussé depuis. Personne, en dehors des curieux squatteurs ou voleurs de cuivre, n’avait visité l’usine depuis sa fermeture il y a vingt ans. Aussi les élèves ont-ils été investi de la mission de rapporter des photos et des récits de notre visite.
Au mois de février, les élèves de Breton avaient emporté chez eux un CD des portraits que Jacques Windenberger avait réalisés dans la filature. Ils ont demandé à leurs parents, grands-parents, s’ils reconnaissaient les personnes sur les photos et où ils pourraient les retrouver pour témoigner de leur parcours depuis la fermeture. De retour en classe, plus de la moitié d’entre eux avaient surtout appris qu’un membre de leur famille avait travaillé là-bas.
Guidés par monsieur Gérard, le président de l’Association de quartier des Folies et ancien contremaître à la filature, les élèves ont pris des notes et réalisé des photographies de la friche, en vue d’une exposition qu’ils feront l’année prochaine avec Guillaume. Prochaine étape, en juin pour notre dernière résidence : une rencontre avec les grands parents des élèves.

Grève dure
Les ouvriers de la Trane, principal employeur de Charmes, font la grève depuis trois semaines. Nous sommes allés sur le parking de l’entreprise dès notre arrivée lundi pour notre deuxième résidence.
GRAND Flash Album Gallery
Skins for GRAND FlAGallery, Photo Galleries, Video Galleries
developed by CodEasily.com - WordPress Flash Templates, WordPress Themes and WordPress plugins
The Flash Player and a browser with Javascript support are needed.Sur le parking carbonisé, le bleu de travail des métallos tranche avec le noir pétrole du goudron. La suie vole au vent et s’accroche aux lampadaires à l’entrée de l’usine. Cela a dû bien cramer. Et ce n’est pas fini : un brasier de pneus bloque l’entrée de l’usine. La Trane, entreprise américaine, numéro un mondial de fabrication de climatiseurs, n’a jamais connu pareil conflit depuis son implantation dans les Vosges dans les années 70. « 98% des ouvriers font la grève, se réjouit Patrick, soudeur depuis 32 ans à la Trane. Avant la direction pouvait diviser pour régner. Il y avait trois syndicats mais, depuis les élections du mois dernier, c’est fini. Avec 72% des voix, FO a tout raflé, et la CGT a récupéré le reste. »
Les ouvriers de la Trane réclament une enveloppe de 100 euros, principalement pour une augmentation de salaire (1300 euros net en moyenne) et la prime pour l’essence. Selon les représentants syndicaux, le chiffre d’affaire de l’entreprise aurait été de 342 millions, en mars 2011, au lieu des 210 millions annoncés en fin d’année. « Nous avons battu notre record, dans un contexte de crise économique et avec 200 personnes en moins, continue Patrick. Et pas de redistribution, pas de prime, rien. »
Les ouvriers « débrayent » toutes les heures pendant 30 minutes pour tenir le piquet de grève et brûler des pneus. « Vous seriez venus la semaine dernière, c’était impressionnant. On brûlait 800 pneus par jour, les flammes sont montées jusqu’à 10 mètres », se félicite Antony, 29 ans de Trane. Patrick Husson, le délégué de Force Ouvrière (FO) vient d’arriver. Les grévistes l’attendaient pour le compte-rendu du procès qui devait se tenir l’après-midi même au tribunal d’instance d’Epinal. Le jugement a été reporté à vendredi matin car l’avocat de la Trane n’avait pas apporté les pièces nécessaires. « Il faut encore tenir deux jours, vous êtes d’accord, vous restez unis ? », motive le représentant FO dans son hygiaphone. « Oui ! », rugissent les hommes d’une seule voix. Aucune lassitude sur les visages, impressionnante ténacité après trois semaines de grève et une perte de la moitié de leur salaire à venir à la fin du mois.
Derrière Patrick, un mannequin en tissus pendu à une potence est balloté par le vent. « Comme dans toutes les guerres, comme en 1789, ceux du bas trinquent, poursuit celui-ci, le regard lumineux. Il faut aller jusqu’au bout. Chez Garret, l’usine de turbos à côté d’ici, les ouvriers viennent d’obtenir 70 euros d’augmentation en une heure. » Patrick aime sa boîte, il veut la défendre, se battre pour des valeurs plus nobles. Depuis que les Américains ont débarqué, il se plaint de l’absence de contact avec la direction. Les capitaux sont gérés à distance dans des pays lointains et hautes sphères qui le dépassent. Les commandes et les factures transitent par Bruxelles. « C’est le système américain dans toute sa décadence. On est de la chaire à canins. Nous ne sommes plus des hommes mais des minutes. Il faut entendre le ton, voir l’insolence. Il n’y a plus de respect. »
M.Metzger s’invite au Pourparler
Neuvième jour
Après un dîner chez Mélodie et Pierre Metzger, nous avions prévu, hier soir, de rejoindre Carlos au Pourparler pour faire son portrait avec Sandrine et Nolan. Au moment de partir, Pierre, dévoré de curiosité, enfile son manteau marron et sa chapka : « Je viens avec vous! ». Hélas, Carlos avait déjà tiré les volets. Mais Pierre nous a juré que ce n’était que partie remise. Aussi le lendemain, quand nous l’avons vu débarquer chez les pirates alors que nous étions en train de dîner, avons-nous été relativement surpris jusqu’au moment où…




