Nous avons retrouvé l’équipe 3

Dans les souvenirs d’Arno?ou ceux de P’Ti Cha ?

au QG ?pas sûr…

Mais si , ca y est! Donatien, le collègue écrivain, est content.

On est pas bien ici?

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Mais où est l’équipe 3?

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La fenêtre de Claire (bis).

Février 2011, retour à Fos chez Claire et Noé.

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Le jogger, le lapin et le boa

Moyenne foulée. Quartier des Carabins, du Mazet, de la Voie Romaine. Rues également calmes, gazon également tondu. J’arrive à la colline qui borde le lac de l’estomac. Dans la ville, un panneau m’a promis des « sentiers de randonnées pédagogiques ». Un  alignement de piquets ornés d’un petit chapeau semble indiquer l’un d’eux. Je le suis. En courant, j’écrase des touffes d’herbes grasses. Bouffées, de thym, de menthe, odeurs de garrigue, parfum de miel. J’entre dans la pinède, goûte son ombre. Un peu partout des bornes et des poteaux de couleurs proposent des itinéraires à travers la végétation piquante : difficiles à suivre. Sauf peut-être pour ce chasseur que je viens de croiser, la gibecière garnie d’un lapin.

Une longue et large tranchée ocre perce la forêt. A son côté, un gros serpent de tubes noirs est posé sur des calles pour y être enseveli.( L’inhumation sera signalée en surface par un chapelet de piquets à chapeau jaune). Il s’agit d’un pipeline de 22 kilomètres destiné à transporter du GPL. C’est du moins ce que dit le gardien d’origine cambodgienne chargé de surveiller les imposants et couteux robots de soudure pendant la nuit. Il est là pour un an, la durée du chantier. Avant, il a passé quelques mois en Belgique où il a entendu : « Sale Français, tu nous vole notre travail. Rentre chez toi. » Puis quelques mois à Mâcon où il a senti que sa peau noire inquiétait les regards. Après le chantier de Fos, il ira où son entreprise l’enverra. Près de chez lui, à Aix-en-Provence, ou à l’autre bout de la France. Pour une poignée de semaines ou pour plus d’une année. Avec son chien noir et sa vieille Mercedes, équipée d’une télé, d’une gazinière, et remplie de boîtes de conserve.

Je reprends ma course et suis à petite foulées, l’obscénité de ce boyau momentanément à l’air libre. Je pense à tous les autres vaisseaux enterrés, circulation invisible de tant de produits polluants, qui passent en faisceau sous et autour de la ville de Fos avant de se ramifier vers leur multiples destinations locales, hexagonales et internationales. Je me souviens de cette histoire de pipeline explosé non loin de là, dans un espace heureusement vide d’hommes, en 2009. J’imagine que si la grève se poursuit au port et dans les raffineries, si les tankers continuent de rester bloqués dans la rade fosséenne, alors les grosses conduites vont se vider, se transformer en tunnel, en autoroutes pour les lapins…

Un coup de feu me tire de ma rêverie. Il est temps de rentrer.

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Les Métallos à Marseille



12 octobre 2010, journée de mobilisation nationale. Les salariés d’Arcelor-Mittal Fos manifestent à Marseille.

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