À partir de Fos, par Elise Crispu

[Les textes et photographies présentées ici ont été produits par les participants des ateliers reportage-mémoire menés à la médiathèque de Fos-sur-Mer, en compagnie de Valérie Lebret et Guillaume Fayard, en prolongement de la résidence de Hélène David et Donatien Garnier.]

Sélection de photographies prises par Elise Crispu lors de notre sortie du 14 mai dernier.

Notre parcours nous a conduits, sous l’égide de Louis Barnès, notre infatigable guide tout au long du projet Gueule d’Hexagone à Fos-sur-Mer, du Mas de Tenque où l’on peut apercevoir de loin des taureaux de combat (dans les costières, sur la route d’Arles à quelques kilomètres du rond-point de la Fossette) jusqu’au bord de la darse n°1, en passant par l’incinérateur de Fos et le site de Distriport, situé sur le territoire de Port-Saint-Louis-du-Rhône.

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À partir de Fos-sur-Mer, jusqu’à Arles, il y a La Crau, zone plate et caillouteuse. Vers les années 60 le paysage s’est peu à peu transformé avec l’implantation de la sidérurgie et la zone s’est appelée à l’époque « LE COMPLEXE DE FOS ».

Depuis, beaucoup d’usines et d’entreprises diverses se sont installées.

Il y a encore des MAS, avec quelques élevages de taureaux et de chevaux.

La faune et la flore subsistent, mais pour combien de temps encore

Elise CRISPU

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Fos, diversités, permanences

[Les textes et photographies présentées ici ont été produits par les participants des ateliers reportage-mémoire menés à la médiathèque de Fos-sur-Mer, en compagnie de Valérie Lebret et Guillaume Fayard, en prolongement de la résidence de Hélène David et Donatien Garnier.]

Sélection de photographies du 14 mai 2011. (Photos : GF)

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Sans légendes (2), par Claude Gal

[Les textes et photographies présentées ici ont été produits par les participants des ateliers reportage-mémoire menés à la médiathèque de Fos-sur-Mer, en compagnie de Valérie Lebret et Guillaume Fayard, en prolongement de la résidence de Hélène David et Donatien Garnier.]

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Sans légendes (1) : le futur à Fos-sur-Mer, par Claire Roussey

[Les textes et photographies présentées ici ont été produits par les participants des ateliers reportage-mémoire menés à la médiathèque de Fos-sur-Mer, en compagnie de Valérie Lebret et Guillaume Fayard, en prolongement de la résidence de Hélène David et Donatien Garnier.]

Sortir photographier  »le futur de Fos-sur-Mer » par une matinée froide de fin janvier, une étrange idée ? Heureusement, Claire nous accueillera pour un café chaud, après la froidure des Carabins et le vent glacé de la plage du Cavaou.

Le futur de Fos, oui : ces usines établies, bien posées sur leurs pattes, ces commerces bien établis du centre (faut-il dire centre-ville ? village ?), une intercommunalité moderne, résolument pragmatique (mais désormais privée, à terme, de sa taxe professionnelle) ne risquent pas de disparaître du jour au lendemain. Les projets sont là, diverses extensions de la zone industrielle ont lieu (même si elles viennent parfois perturber les espaces, comme celui de la plage du Cavaou, mangé par l’installation du très controversé incinérateur des déchets, entre autres, de Marseille, où les manifestations répétées des Fosséens n’ont pas été entendues).

Mais à terme, quelles perspectives? Les participants de l’atelier restent sans voix devant cette question piégée, volontairement directe : quel futur pour Fos-sur-Mer ? Où serait déjà visible le futur de Fos-sur-Mer ? Restent de cette journée glaciale quelques pistes à évaluer, où le futur, peut-être se dessine, entre constructions en cours et perspectives infinies sur la mer, la plage, le paysage.

(Un diaporama de Claire Roussey. Commentaires des images : Guillaume Fayard)

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Louons maintenant…

La deuxième résidence est achevée. Mais le travail est loin de l’être. C’est ainsi. Le journalisme documentaire demande toujours plus de temps qu’on en prévoit. Du temps pour accéder à la confiance de ses interlocuteurs, pour créer un climat de compréhension mutuelle. Pour que les portes entrouvertes s’ouvrent plus largement. Du temps aussi pour murir les billets postés sur le blog. C’est pourquoi ils sont moins nombreux et plus espacés que lors du repérage.

A mon retour de Fos j’ai éprouvé le besoin de reprendre la lecture exigeante du livre de l’écrivain James Agee et du Photographe Walker Evans : « Louons maintenant les grands hommes. » Par le biais de grands tableaux exécutés au moyen d’une langue étrange, tortueuse, émouvante par sa volonté farouche de se saisir complètement de la réalité, il raconte la survie des paysans du sud des Etats-Unis pendant la grande dépression. J’en extrais ce passage qui me semble assez bien correspondre à notre projet :

« Mais il faut qu’à ceci il y ait une fin : abrupte et un silence : radicalement se tenir en retrait, faire retraite et le plus sérieusement : il y faut un recommencement, succinct, dru.

Ici, dans ces pages, je dois écarter tous nos imbroglios, confabulations, mystères – toutes choses de cette sorte doivent être ajournées, suspendues -, et il faut qu’ici je porte l’attention dont je suis capable sur les textures vivantes, sur le poids de vie qui pèse sur chacun de vous : une vie navrante, exaspérante, brutale, néanmoins belle : qu’à ceci je m’attache dans les termes les plus purs et que je m’apprendrai à distinguer spécialement : c’est bien ceci que je dois entreprendre : une médiation, une tentative de compte rendu, celui de vos vies humaines de leur étrangeté, et de leur chaleur néanmoins, chacune rapporté à son monde propre. Et non pas que l’entreprise puisse être menée à la légère, non pas à la légère, non pas assurément une tâche de facilité : nulle espérance non plus de la « mener à bien ».

Car celui qui se donne pour but de tout regarder honnêtement et en conscience, avec la vérité en vue, et d’ainsi regarder dans les yeux vivants d’une vie humaine : que voit-il survenir que son cœur ambitieux en est à la fois refroidi et confondu ? »

Louons maintenant les grands hommes, Terre humaine poche, Pocket.

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Panini

Souvenir d’enfance. Les albums du championnat de France de football. Les sachets de vignettes achetés chez le buraliste vite déchirés dans l’espoir d’y trouver l’icône rare, le joueur introuvable, qu’on traque depuis des semaines et qui s’échange à prix d’or dans la cour de récré. Les paquets pleins de doublons. La ritournelle : « j’ai, j’ai, j’ai, j’ai pas… » sous les platanes de l’école primaire. Le plaisir de coller l’effigie d’un joueur inconnu dans la page d’un club tout aussi inconnu. Un nom, un poste, éventuellement un âge, un poids et une taille : maigre pitance et pourtant suffisante pour les jeunes et fertiles imaginations.

Quelques décennies plus tard, il ne s’agit plus de collectionner des images, de les échanger au mercato des copains,  mais de rencontrer des hommes atteints par l’un des virus les plus répandus de l’hexagone : la passion du football. Joueurs mais aussi spectateurs et souvent supporteurs. Jour après jour, nous feuilletons l’album d’une équipe, avec pour chacun de ses membres, une personnalité singulière, une vie de famille, un métier, l’accès à d’autres loisirs. Facettes diverses, se combinant pour dire une façon spécifique d’être à Fos, de souhaiter s’en rapprocher ou, au contraire, s’en éloigner. Se projetant dans l’avenir incertain ou se contentant d’un présent plus ou moins satisfaisant.

C’est, en tout cas, chaque fois le même plaisir. Un joueur passe le seuil déserté du café des sports, s’installe à notre table et la conversation s’engage, un autre album s’ouvre.

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