Le Marseille de Jacques Windenberger vu par…

Jacques Windenberger a promené longuement son regard dans cette ville, il y a dix, vingt, trente ans. Les gens ne sont plus tous là, les lieux si, transformés souvent, méconnaissables ou intemporels. Quelle vision les marseillais ont-ils de cette époque? De cette image de leur ville? Nous leur avons montré ces photos.

Vous avez là deux stades de la rue du refuge, avant et après rénovation. cette place, je l’ai vue se construire, avant c’était un terrain de boules. Il faudrait faire la même photo maintenant, le travail est tellement mal fait que quinze ans après, c’est toujours aussi pourri. Il faudrait recommencer. Mais tout en haut, ce sont sans doute les deux plus beaux appartements du Panier, ils ont la vue… jusqu’à l’Estaque.

Djamel Larbi tient le Barjac, place de Lenche. Arrivé d'Algérie en 1968 avec ses parents, il a vécu au Panier et choisi de s'y installer pour de bon en rachetant le bar dans lequel il était serveur.

façades de la rue du Refuge (2è art.) 1979.

durant le défilé de mode place du Refuge (2è art.) 1986.

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Jacques Windenberger a promené longuement son regard dans cette ville, il y a dix, vingt, trente ans. Les gens ne sont plus tous là, les lieux si, transformés souvent, méconnaissables ou intemporels. Quelle vision les marseillais ont-ils de cette époque? De cette image de leur ville? Nous leur avons montré ces photos.

Daniel Federici s’est arrêté net de parler en tombant sur cette photo de la Porte d’Aix datant d’avant la construction du Conseil Régional. « Ce que ça me rappelle?… Cette photo là elle vaut de l’or. C’est le bas des Carmes. J’habitais ici,  dans l’immeuble le plus haut de la colline des Carmes, dans la rue  Farinette prolongée par celle  des Enfants abandonnés, cette rue qui montait,  là où va le bus. Cet immeuble là à gauche, c’était les Présentines, un couvent au moyen âge. Il y avait un tourniquet dans le mur, les gens la nuit y mettaient les nouveaux nés, ils sonnaient et les soeurs venaient récupérer l’enfant.  Après c’est devenu une prison, puis une école où j’allais…. Quand nous étions enfants,  cette rue en pente on la descendait sur des planches bricolées avec des roulements et on s’arrêtait en bas juste devant la pharmacie de M. Missol qui nous réparait avec des pansements et du mercure au chrome. Quand ils ont détruit l’immeuble, derrière le mur du fond, ils ont trouvé un bout d’aqueduc Romain qui se trouve aujourd’hui dans la cour du Conseil Régional.

rénovation de l'îlot Ste Barbe 1974

Daniel Federici est né dans le quartier des Carmes où il a passé toute son enfance. Jeune adulte, il est monté à Paris pour revenir bien vite dans sa ville. Il est membre de la société des canotiers, une des vingts associations de pêcheurs et de plaisanciers qui règnent sur le vieux port.

rue des Enfants Abandonnés sur la Butte des Carmes en rénovation (2° art.) 1975

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Jacques Windenberger a promené longuement son regard dans cette ville, il y a dix, vingt, trente ans. Les gens ne sont plus tous là, les lieux si, transformés souvent, méconnaissables ou intemporels. Quelle vision les marseillais ont-ils de cette époque? De cette image de leur ville? Nous leur avons montré ces photos.

partie de cartes rue du Panier devant le bar Joseph (2è art.) 1986

Marc Di Costola est fleuriste. Son magasin de la Grand Rue est fermé depuis trois semaines. Comme de très nombreux commerçants du quartier de la rue de la République il ne pouvait plus faire face à l'augmentation de loyer imposeé par son propriétaire.

« Ca c’est le vrai Marseille. Allez-y maintenant, ça n’a plus rien à voir. Les gens viennent voir quoi à Marseille? Le bar le Mistral de Plus Belle la Vie, même pas il existe ce bar. C’était comme ça le Panier, les gens se parlaient, ils tapaient la discute, ils sortaient les cartes même les soirs de semaine, on ne le fait plus ça ».

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Jacques Windenberger a promené longuement son regard dans cette ville, il y a dix, vingt, trente ans. Les gens ne sont plus tous là, les lieux si, transformés souvent, méconnaissables ou intemporels. Quelle vision les marseillais ont-ils de cette époque? De cette image de leur ville? Nous leur avons montré ces photos.

Durant le défilé de mode place du Refuge (2è art.) 1986

Blanche Renucci habite le quartier depuis 1964, elle a reconnu sur la photos de Jacques Windenberger la maison où a grandi son mari, 1 rue Rodillat dans le Panier. (en haut). La vendeuse d’escargot (en bas) lui rappelle sa jeunesse: « ma grand mère m’envoyait chercher des escargots. On les aimait petits nous. Cette dame est encore là, place de Lenche de temps en temps, elle est assise, elle vend encore des escargots quand c’est la saison. Je me souviens qu’elle chantait « A l’aïgo sau lei limaçon, n’en a dei gros e dei pichous »".

marchande de limaçons rue Baussenque (2è art.) 1980

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Jacques Windenberger a promené longuement son regard dans cette ville, il y a dix, vingt, trente ans. Les gens ne sont plus tous là, les lieux si, transformés souvent, méconnaissables ou intemporels. Quelle vision les marseillais ont-ils de cette époque? De cette image de leur ville? Nous leur avons montré ces photos.

rénovation du quartier Ste Barbe 1989

« Cette photo  qui doit bien avoir une trentaine d’années est d’une incroyable actualité, la ville se refait et se défait sans arrêt. Vers la Porte d’Aix, il y a des immeubles exactement dans cet état, à moitié debout, à moitié démolis, comme après un bombardement. A Marseille, on ne sait jamais trop quels projets sont en cours, pourquoi il faut redémolir après avoir reconstruit… »

Vincent Abad est né dans le quartier de la République. Avant lui, sa mère était née là. Après lui ses filles aussi. Il tenait une maison de la presse rue de la République avant de se faire déloger par les nouveaux propriétaires de son immeuble et préside l'association Solidarité mieux vivre. A tous ces titres, il s'est engagé, il y a six ans déjà, dans la défense de ses compagnons de galère.

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