
Les gens nous disaient souvent : « Ouh ! Vous auriez dû venir en été, ça n’a rien à voir, surtout pendant le Festival Mondial Folk, c’est très animé. » En repérage au mois d’octobre, Plozevet (3000 habitants / 5000 en juillet et août) nous a présenté son visage automnal. Le soir de notre arrivée, attablées dans l’unique restaurant ouvert un lundi, l’Efes Kebab, (et oui, il n’y a pas qu’une crêperie à Plozevet !) on échangeait nos premières impressions : les rues vidées, les résidences secondaires aux volets fermés, les lotissements retranchés, les commerces aux grilles baissées. Maintenant, on peut l’avouer : on s’est vraiment demandé ce qu’on allait bien pouvoir vous raconter ! Mais en sortant du restaurant, on a croisé la chorale Awen et l’inspiration est venue. Alimentée chaque jour par nos rencontres avec les habitants.

Autre confession : A défaut d’être objectif, le journaliste se doit d’être honnête. Alors, voilà, nous avons délibérément mis de côté l’aspect « cité dortoir » de Plozevet : de plus en plus de jeunes couples viennent s’installer avec leurs enfants sur la commune, tout en continuant de travailler à Quimper ou dans ses environs, attirés par le tiercé gagnant « maison-jardin-calme ». De même, nous n’avons pas approfondi l’aspect « cité industrielle » : deux usines sont implantées sur la commune, l’une, Capitaine Cook, spécialisée dans la conserverie de poissons, l’autre, Foubert Papiers Plastique, fabriquant d’emballages. Impossible d’être objectif, donc, mais aussi exhaustif. Décidément, le journaliste est bourré de défauts !

Selon le recensement d’Edgar Morin (Cf. : Commune en France. La métamorphose de Plodémet) : « En 1930, il y avait 80 débits de boisson. En 1962, 33. » Aujourd’hui, il ne reste plus que 4 cafés à Plozevet : Le café des sports. La Pointe du Rade. Le Pouldu. Et Le Vaisseau.
Pour sauver les cafés, signez la pétition : http://www.sauvonslescafes.com/

On a travaillé jusqu’au dernier moment…
…Et on a retrouvé Paris…


Les comptoirs ne sont pas les seuls lieux où l’on glane des brèves. Direction : la salle des instit’ de l’école maternelle et primaire Georges Le Bail.

« Ce matin, on est parti faire une balade à la découverte de l’automne. J’ai montré une pomme de pin à un enfant qui m’a dit : Oh ! une pomme de pépins. »

« On a aussi observé un arbre qui ne donnait pas de fruit. Un enfant a dit : c’est un arbre à rien ».

« Moi, j’ai fait sentir de l’anis à un enfant de 4 ans. Il m’a sorti : ça sent l’apéro. »

Ordinateur portable sur leurs genoux, Maëlle et Maéva, 16 ans, se sont installées sur les marches de la Médiathèque afin de capter la Wi-Fi. « C’est fermé à cause de la grève. » Une vague de protestation qu’elles soutiennent « à fond ». Samedi, au lieu de se rendre en bus à Quimper pour faire du shopping dans la galerie commerciale de Leclerc, elles ont choisi de défiler à coup de « Sarko, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ». Et de « Les vieux sont dans la misère, les jeunes dans la galère. » « Parce que c’est pas logique de vouloir nous faire travailler jusqu’à 65 ans : les jeunes sont au chômage, et à cause de leur réforme, les boulots vont se libérer encore plus tard. Et puis, nous, on est étudiantes en BEP Carrière sanitaire et sociale. Notre métier, c’est l’aide à la personne. Comment on fera quand on aura plus de 60 ans pour aider des vieux qui auront pratiquement notre âge ? Il faudra nous porter ! »