Aurélien spring et Cédric Houart, 4èA écrivent sur une photo de Jacques Widenberger

(Les textes présentés ci-dessous ont été rédigés par les élèves de la classe de 4ème A du collège Henri Le Moal, sous la houlette de leur professeur de Français, Marie Prud’hon, en prolongement de la résidence de Jérômine Derigny et Aude Raux. Les élèves ont choisi des photos de femmes dans les archives de Jacques Windenberger (datant de 1962) et laissé libre cours à leur imagination. A noter que certains ont quand même fait un travail journalistique, notamment en interviewant leurs grands-parents : « Comment c’était la vie à Plozevet en ce temps là ? »)

La femme lavait son linge à la main. Elle se rendait au lavoir qui se trouvait à trois kilomètres de sa maison. Elle se baissait en frottant un vieux tee-shirt avec ses mains, abîmées par l’eau froide et sale du lavoir. Tous les trois jours, cette vieille femme apportait sa grosse bassine remplie à ras bord de linge décoloré par la vieillesse. Ses sabots étaient troués à cause des cailloux et de la terre qui restaient accrochés sur les chemins qu’elle empruntait.

Lorsqu’elle se baissait, ses jambes étaient arquées et son dos courbé. Son visage était rond, joufflu, son expression était souriante, et apaisée. Son nez était pointu et sa peau blanche.

Le lundi matin, elle emmenait ses quatre enfants à l’arrêt de bus, pour les laisser au pensionnat, la semaine. Pendant que son mari travaillait dans les champs, elle, passait la plupart de son temps à la maison, pour faire le ménage, aller au lavoir, préparer à manger, et nourrir ses animaux. Malgré cela cette femme avait toujours su  garder le sourire, même lorsqu’elle était victime de commérages.
Elle eut la chance de rencontrer son mari qui put alimenter son foyer.

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Portraits photographiques de femmes à Plozévet

Amadéa Gindrey-Malenovic, Marie Godbillon, Marie Le Brun et Solenn Savina, élèves du collège Henri Le Moal,  ont réalisé une série de photographies de femmes travaillant au collège et d’adolescentes scolarisées dans l’établissement.

C’est un travail réalisé en cours d’arts plastiques. Ces quatre élèves ont établi elles-mêmes le protocole à utiliser pour prendre ces photos (cadrage en très gros plan,  point de vue, expression neutre, traitement des images, montage) après avoir regardé et analysé des travaux d’artistes travaillant sur le portrait photographique.

Le cadrage se resserre sur  les yeux des modèles. Les photos, à l’origine en couleur, ont été virées en noir et blanc en conservant la pupille de l’oeil en couleur. Il était assez difficile de conserver le même cadrage d’une photo à l’autre en fonction des différentes physionomies. Les variations d’éclairage n’ont pas permis d’emblée de former une unité entre les photos, il leur a fallu refaire certaines prises de vue. La mise au point n’est pas parfaite sur toutes les photos. L’appareil photo utilisé est un numérique économique déjà un peu ancien.

Josée Parizet, professeure d’arts plastiques

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Théo Laurec et Marin Nicolas écrivent sur une photo de J.Windenberger

(Les textes présentés ci-dessous ont été rédigés par les élèves de la classe de 4ème A du collège Henri Le Moal, sous la houlette de leur professeur de Français, Marie Prud’hon, en prolongement de la résidence de Jérômine Derigny et Aude Raux. Les élèves ont choisi des photos de femmes dans les archives de Jacques Windenberger (datant de 1962) et laissé libre cours à leur imagination. A noter que certains ont quand même fait un travail journalistique, notamment en interviewant leurs grands-parents : « Comment c’était la vie à Plozevet en ce temps là ? »)

Au milieu de son champ, cette vieille femme âgée de 81 ans regarde d’un air de solitude au loin. Elle habite dans le Haut Pays Bigouden dans une petite ferme, isolée du monde avec seulement trois fermes voisines. La majorité de ses habits sont noirs, elle est habillée avec une longue jupe noire et un châle par-dessus, elle porte une petite coiffe. Son visage ridé, marqué par le vent, témoigne de la dureté de sa vie. Elle va en effet régulièrement dans ses champs et y passe plus d’une demi-journée chaque jour pour essayer d’entretenir au mieux les champs de son exploitation agricole pour que la terre soit fertile et donc propice aux bonnes récoltes. Durant la journée, elle sort et nourrit les poules, les lapins, les cochons et les vaches, fait des aller-retours au lavoir avec le linge, s’occupe de ses petits-enfants. Elle les habille, les nourrit, essaye de leur apprendre à se débrouiller seuls… Tout cela ne fait qu’endurcir sa vie, comme l’illustre son dos courbé. Mais pour autant, elle aime se promener sur les sentiers. L’entraide avec ses rares voisins lui apporte beaucoup. Cette paysanne a toujours habité là avec son mari qui est né dans la ferme voisine. Celui-ci d’ailleurs était tout le temps en mer et y est mort lors d’une tempête en voulant sauver un matelot sans expérience. C’est donc Annick (car c’est le nom de cette femme) qui fait tout dans sa maison malgré son manque d’argent évident. Tous les soirs elle se couche tôt, épuisée par ses journées interminables. Tous les matins elle se lève à l’aube et fait, chaque jour, ses occupations habituelles qui lui ont, au fur et a mesure des années, abîmé la santé. Malgré les épreuves épuisantes qu’elle a vécues, son air heureux laisse paraître une vie joyeuse. Cette femme a énormément de courage de vivre dans ces conditions et nous pensons qu’il faut la féliciter de ce qu’elle a fait. En plus de cela, elle est très sympathique et généreuse avec toutes les personnes qu’elle rencontre, que se soit un touriste ou une personne qu’elle voit tous les jours. En ce moment, je pense qu’elle nourrit ces vaches, chevaux et ses poules dans sa ferme.

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Alexandra MARESCAUX et Sande LE GOUIL, élèves de 4è A écrivent sur une photo de Jacques Windenberger

(Les textes présentés ci-dessous ont été rédigés par les élèves de la classe de 4ème A du collège Henri Le Moal, sous la houlette de leur professeur de Français, Marie Prud’hon, en prolongement de la résidence de Jérômine Derigny et Aude Raux. Les élèves ont choisi des photos de femmes dans les archives de Jacques Windenberger (datant de 1962) et laissé libre cours à leur imagination. A noter que certains ont quand même fait un travail journalistique, notamment en interviewant leurs grands-parents : « Comment était la vie à Plozevet en ce temps là ? »)

Dans un petit hameau de la ville de Plozevet, en pleine campagne, vit une modeste famille d’agriculteurs. Le père travaille toute la journée dans les champs, accompagné de ses deux jeunes garçons âgés de 15 et 17 ans.
A l’approche de l’hiver, la mère doit accomplir toutes les tâches ménagères quotidiennes. Chaque matin,  elle s’occupe des animaux de la ferme et en profite pour ramasser quelques légumes dans son potager afin de préparer le repas de la journée. Les repas ne sont pas très copieux puisque la famille héberge les parents de son mari qui sont très âgés et faibles.
Alors qu’il fait froid dehors, chaque matin, la Bigoudène vêtue de sa coiffe et équipée de sa bassine, se rend à pied au lavoir du hameau pour laver le linge de toute la famille. Habituellement, le lavoir est un lieu de rencontre où les femmes du village en profitent pour discuter ou même chanter tout en travaillant. Mais aujourd’hui, notre Bigoudène arrive plus tard que d’habitude, et se retrouve seule. Cette solitude lui rappelle très vite que l’eau est glaciale et le linge très sale, ce qui épuise cette mère de famille.
Agée de 50 ans, elle appréhende cette tâche ménagère car elle a quelques soucis de santé et de grosses douleurs dans le dos. Son visage est marqué et ses mains abîmées. Laver le linge est vraiment difficile, car il faut se mettre à genoux pour jeter le linge dans l’eau, frotter fort avec un savon de Marseille, le tordre en le pliant plusieurs fois, le rincer et le battre afin de l’essorer le plus possible.
La fatigue est présente, l’expression du visage de la Bigoudène nous montre son épuisement, on imagine ses pensées de lassitude et de solitude. Elle doit rêver d’un mode de vie plus agréable, mais la journée est loin d’être finie et tout doit être prêt avant que son mari et ses enfants rentrent du champ. La vie n’est pas facile tous les jours, mais la famille est solidaire et espère des jours meilleurs.

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Solenn SAVINA et Marie LE BRUN, 4èA, écrivent sur une photo de J. Windenberger

(Les textes présentés ci-dessous ont été rédigés par les élèves de la classe de 4ème A du collège Henri Le Moal, sous la houlette de leur professeur de Français, Marie Prud’hon, en prolongement de la résidence de Jérômine Derigny et Aude Raux. Les élèves ont choisi des photos de femmes dans les archives de Jacques Windenberger.)

Dans le cimetière de Plozevet, se trouvait une femme. Elle était penchée sur une tombe qu’elle était en train d’entretenir. Cette femme n’était pas comme les autres car, même si elle avait perdu un être cher, elle ne montrait aucune tristesse. Au contraire, elle paraissait avoir un caractère doux mais très fort. Cette femme portait le costume traditionnel du Pays Bigouden. Elle était de forte corpulence et s’appelait Victorine.  Son mari, quant à lui, se prénommait Jean. Elle avait deux fils, Louis et  Guillaume. Son mari et elle tenaient une affaire familiale : l’hôtel restaurant « Les Voyageurs » près de la gare de Plozévet. Son époux s’occupait de la cuisine et elle de la gérance de l’hôtel. Elle accueillait les voyageurs, toujours avec le sourire, même quand ils arrivaient tard.
Elle était très chaleureuse, mais aussi un peu curieuse. Elle posait beaucoup de questions aux voyageurs, ce qui énervait son mari. Elle voulait tout savoir de ce qui se passait au-delà de Plozévet. C’était un peu la concierge du bourg. Dès qu’un voyageur arrivait et avait une tête bizarre, les Plozevétiens allaient voir Victorine. Elle n’émettait  jamais la moindre critique concernant ses hôtes. Quand ceux-ci lui racontaient des histoires, elle écoutait attentivement. Toutes les histoires lui permettaient de s’évader pour quelques minutes de son hôtel d’où elle ne partait jamais. Cette vie fut bousculée par un drame au début de l’automne 1960. Guillaume ne revint pas de sa pêche quotidienne. Ce jour-là, la mer était mauvaise. La mort de Guillaume entraîna Victorine et son mari dans un tel désarroi que Louis, leur deuxième fils reprit la succession de l’affaire familiale. Malgré son métier d’instituteur, il réussit à sortir l’hôtel de cette mauvaise situation. Louis fut aidé de sa femme, Marie-Solenn. Celle-ci ne plaisait pas à Victorine : cette dernière lui avait volé son dernier fils en l’épousant. Elle la trouvait trop superficielle dans ses tâches ménagères. Il faut dire qu’à l’hôtel depuis quelques mois, il y avait l’eau courante dans les cuisines mais pas dans les chambres. Sa belle-fille n’avait plus besoin d’aller chercher l’eau au puits ou à la source. Par contre, pour monter de l’eau dans chaque pichet de chaque chambre, Marie-Solenn ne prenait que deux seaux à la fois, ce qui ne plaisait pas à Victorine qui, elle, en prenait au moins quatre.
Quand à la corvée « pot de chambre » (il n’y avait pas de toilettes à l’hôtel), c’était terrible. Marie-Solenn rechignait pour accomplir cette tâche. Elle pleurait, disait qu’elle avait mal au cœur de sentir cette odeur. Mais il fallait bien les vider pour que les voyageurs se sentent à l’aise dans leur espace.
La terre battue de la cuisine n’était pas non plus correctement balayée et nettoyée après chaque service. La sciure de bois, que l’on mettait sur le sol pour éviter les glissades, était mal étalée. Bref, Victorine trouvait que Marie-Solenn était une belle-fille un peu trop moderne car elle demandait à ce qu’il y ait du carrelage dans la cuisine et que l’on équipe cette dernière au gaz. Tout aurait été en effet plus facile, il y aurait eu de l’eau chaude, Louis n’aurait plus eu la corvée « charbon » à faire pour alimenter les plaques de cuisson…
Plus Victorine essayait de mieux connaître Marie-Solenn plus elle la haïssait. Et quand elle sut que Louis et Marie-Solenn allaient avoir une petite fille, elle ne fut pas enchantée de cette nouvelle. Quelques années passèrent après la naissance d’Eva, Victorine n’aimait toujours pas Marie-Solenn mais elle adorait la petite. L’instinct  maternel perdu lors de la mort de Guillaume ressurgit avec cet enfant. Elle la gâtait, la chérissait, la protégeait comme sa propre fille. Cela ne plaisait guère à Marie-Solenn car pour elle, Eva était sa fille. Personne n’avait le droit de s’en occuper, pas même Louis. Tout le monde souffrait de cette situation, même Eva qui le fit remarquer à  sa mère. Elle avait besoin de l’amour de sa grand-mère mais aussi et surtout de son père. Peu à peu, Marie-Solenn laissa ses beaux parents et son mari s’en occuper et l’aimer.

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Amadéa Gindrey-Malénovic et Marie Godbillon, 4èA, écrivent sur une photo de Jacques Windenberger

(Les textes présentés ci-dessous ont été rédigés par les élèves de la classe de 4ème A du collège Henri Le Moal, sous la houlette de leur professeur de Français, Marie Prud’hon, en prolongement de la résidence de Jérômine Derigny et Aude Raux. Les élèves ont choisi des photos de femmes dans les archives de Jacques Windenberger.)

Au bord de la mer, au milieu d’un chemin boueux, une vieille femme marchait seule, courbée par le poids de sa vie difficile. Elle était vêtue d’un long manteau épais, portait une écharpe, et à ses pieds des sabots. Ses conditions de vie étaient déplorables et ses vêtements en étaient la preuve. Elle avait une famille nombreuse à charge, comme beaucoup de femmes à l’époque. Elle passait ses journées à travailler pour gérer son foyer, avec le peu d’argent qu’elle possédait. Elle méditait sur cette vie dure qui était la sienne, rêvant d’un futur meilleur et plus calme. Mais cela lui semblait impossible. Alors, dès qu’elle en avait le temps, elle partait se promener au bord de la mer, ce qui lui procurait un immense sentiment de liberté… Cette liberté qui lui manquait tant au quotidien : entre la lessive, la couture, le tricot, le ménage, la préparation des repas, la gestion de ses six enfants, elle n’avait pas le temps de souffler.

S’ajoutait à tout cela, le travail à la ferme. C’était elle qui s’occupait des cochons, des vaches, des poules… Elle les nourrissait, les sortait et les soignait, toute l’année et par tous les temps, sans jamais rechigner.
Puis venait le soir ou elle devait s’occuper de ses gamins turbulents tandis que son mari, affalé dans son fauteuil confortable, ne lui apportait jamais aucune aide : il lisait le journal et ne cessait de se plaindre pour un oui ou pour un non.

Elle était donc là, sur ce chemin boueux, laissant libre cours à ses pensées. Elle se remémora alors son enfance : à onze ans, la pauvre petite fillette s’était retrouvée sans mère, celle-ci était décédée… Elle s’était donc trouvée toute petite, à travailler à la maison à la place de sa mère, abandonnant sa scolarité. Son père, veuf, ne parvenait pas à se remettre de la mort de sa femme et ne s’occupait, par conséquent, que très peu du reste de la famille. Avec un père, qui, au fil des jours dépérissait et ses frères et sœurs bien plus jeunes qu’elle, elle n’avait pas pu vivre une enfance normale, heureuse et épanouie…

Puis, un peu malgré elle, elle laissa derrière elle la dureté de son enfance pour repenser aux commérages du village qui l’avaient tant blessée dans sa vie de femme. En effet, sa mère avait trompé son père. On l’accusait donc à son tour d’adultère, sans preuves véritables, comme si le déterminisme pouvait intervenir dans ce genre d’événement.  Elle n’avait jamais voulu rétablir la vérité de peur que l’on ne la crût pas et était donc restée enfermée dans son mur de silence et de solitude. De toute façon, elle ne pouvait faire confiance à personne.

Elle chassa ses pensées obscures, puis se demanda comment elle pouvait se plaindre. Après tout, elle était nourrie et en bonne santé.

Elle se rappela soudain qu’elle avait du travail à finir, de la couture et un chandail pour l’hiver à achever. Elle qui, à l’instant, rêvait de fuir cette vie médiocre, ce quotidien, allait maintenant s’y réfugier. Retournant chez elle, s’affairant à la tâche. Elle ne rêvait plus de liberté, d’espoir, mais pensait seulement à rentrer dans le  »droit chemin ». Les pensées qu’elle avait eues quelques instants plus tôt à la plage, au bord de la mer, cela faisait des dizaines d’années qu’elle se les répétait pour à chaque fois retourner chez elle, abattue.

C’était un véritable cercle vicieux.

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