Nolwenn Vigouroux et Johanne Le Gallic, 4è A, écrivent sur une photo de J.Windenberger

(Les textes présentés ci-dessous ont été rédigés par les élèves de la classe de 4ème A du collège Henri Le Moal, sous la houlette de leur professeur de Français, Marie Prud’hon, en prolongement de la résidence de Jérômine Derigny et Aude Raux. Les élèves ont choisi des photos de femmes dans les archives de Jacques Windenberger.)

La  beauté de cette femme n’est pas celle que l’on voit de l’extérieur. Cependant, elle resplendit de bonté. C’est pour cette noblesse de cœur que son mari l’a autant aimée.

Elle a les mains abimées, car peu importe le temps, peu importe la température elle doit tous les jours aller récolter ses choux. Depuis que son mari est décédé elle doit s’occuper du champ, seule. Elle possède une petite ferme et, les jours de marché, elle doit aller à pied jusqu’au bourg de Plozevet, petit village d’environ trois mille habitants, pour vendre ses choux, son lait et ses œufs. Elle ne vend pas toujours autant qu’elle le voudrait mais quand même assez pour subvenir aux besoins de sa famille. Sur l’horizon, on peut apercevoir sa maison qui se trouve loin du champ. C’est pourquoi elle doit marcher un bon kilomètre avec sa charrette, tous les matins.
Entre la maison à nettoyer, le linge à laver, les repas à préparer, les vaches à traire et nourrir, les œufs à ramasser … elle n’a plus le temps de rester papoter avec ses amis et voisins. De temps à autre, ses amis viennent lui rapporter les potins du quartier dont elle fait l’objet. Mais elle ne s’en préoccupe pas car les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, elle sait que ce n’est pas la vérité et continue d’avancer la tête haute.
Quand son mari est décédé, ses enfants étaient encore très jeunes. Ils n’ont par conséquent presque pas connu leur père. Ils sont grands à présent, les jumeaux de vingt ans ne sont plus souvent là. Ils passent de temps en temps pour manger et discuter un peu mais repartent rapidement. Leur frère de dix-sept ans reste à la maison, parfois il aide sa mère à la ferme. Lui non plus n’est pas tout le temps là.
Elle se retrouve alors seule dans sa maison pleine de souvenirs. Elle lit, relit les lettres que son mari lui avait envoyées lors de la guerre 39-45 en se remémorant tous ces moments passés à ses cotés, dont un qu’elle affectionne particulièrement : C’était un noël où elle, son mari et ses trois enfants étaient présents. Ils étaient assis dans un canapé, une tasse de chocolat chaud à la main, les enfants dormaient dans leur bras.  Sa vie ne fut pas toujours facile mais jamais elle ne baissa les bras. Elle avait toujours au fond d’elle cette volonté d’être heureuse malgré les circonstances.

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Orlane et Agathe, 4èA, écrivent sur une photo de J.Windenberger

(Les textes présentés ci-dessous ont été rédigés par les élèves de la classe de 4ème A du collège Henri Le Moal, sous la houlette de leur professeur de Français, Marie Prud’hon, en prolongement de la résidence de Jérômine Derigny et Aude Raux. Les élèves ont choisi des photos de femmes dans les archives de Jacques Windenberger.)

En 1962, dans le bourg de Plozévet se trouvaient les principaux commerces, comme la pharmacie, le café des sports, la pâtisserie, le bar tabac, la mercerie et la quincaillerie. Régulièrement, certains habitants de la ville prenaient le car pour se rendre au marché de Quimper, de Pont-L’Abbé ou d’Audierne, bien plus grands que celui de Plozévet. À cette époque, les écoliers se rendaient à l’école le samedi matin. Il y avait celle des garçons, l’école Georges Le Bail et celle des filles, l’école des soeurs, devenue maintenant la mairie. Les institutrices y allaient à bicyclette, car peu de gens avaient les moyens de se payer un vélomoteur. Après une dure semaine de cours, elles se rejoignaient devant le café des sports pour aller boire un café avant de se quitter pour le week-end. Parmi elles, se trouvait cette femme, Martine. Une femme comme toutes les autres, habillée de façon simple, souvent vêtue de noir. Elle était de taille moyenne, ni trop grosse, ni trop mince. Martine était la fille d’un fabricant de petits meubles bretons, très réputé pour son savoir faire. Son père devait travailler nuit et jour, pour pouvoir nourrir sa famille. Martine Ansquer était née à Kervern à Plozévet. Elle avait une vie difficile, mais  parvenait toujours à surmonter toutes ses épreuves. Elle était l’aînée de la famille, elle avait deux frères et une soeur. Sa mère était malade et devait rester couchée les trois quarts de la journée. Elle ne pouvait donc pas faire beaucoup d’efforts. Martine devait s’occuper de ses frères et soeurs, mais aussi de sa mère. Elle préparait les dîners, faisait toutes les tâches ménagères et en plus de cela, devait continuer ses études. Elle faisait toujours tout toute seule, mais avait beaucoup d’amis qui étaient là pour l’aider au quotidien. C’était une femme active, forte mentalement, mais aussi sensible. Cette jeune fille sortait rarement de chez elle car elle était toujours très occupée. Elle eut par la suite trois enfants, Joséphine, Jeanne et Louis, avec son mari qui était agriculteur. Il travaillait dur pour rapporter un bon salaire pour sa famille. Ils habitaient hors du bourg de Plozévet. Martine et ses enfants se rendaient par conséquent toujours à pied ou à vélo à l’école. Ses enfants avaient une éducation stricte. Ils étudiaient beaucoup et aidaient leurs parents dans toutes les tâches ménagères ou travaux. Les week-end, ils avaient le droit d’aller jouer avec les quelques enfants du voisinage. Voilà un petit peu la vie de cette femme, mais revenons au jour où a été prise cette photo. Ce vendredi-là, après avoir bu un café avec ses collègues, elle alla acheter un gâteau, à la pâtisserie du coin de la rue, pour l’anniversaire de son fils, Louis. Le dimanche, toute sa famille était réunie pour fêter ses 10 ans. Puis le soir elle coucha ses enfants, comme tous les soirs. Le lendemain, recommençait une longue et dure semaine de cours pour Martine.

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Anaëlle Bescond, 4èA écrit sur une photo de J.Windenberger

(Les textes présentés ci-dessous ont été rédigés par les élèves de la classe de 4ème A du collège Henri Le Moal, sous la houlette de leur professeur de Français, Marie Prud’hon, en prolongement de la résidence de Jérômine Derigny et Aude Raux. Les élèves ont choisi des photos de femmes dans les archives de Jacques Windenberger.)

C’était un jour de marché, le premier lundi du mois, Marie-Jeanne Moreau s’y rendait pour faire ses provisions. Pour se rendre au bourg du village, elle revêtait son costume traditionnel ainsi que sa coiffe. Comme elle était toujours en deuil de son mari, elle paraissait bien triste habillée tout en noir. Son parapluie à la main , elle se promenait dans les allées du marché. Elle paraissait bien seule, son regard traînait sur les étales mais elle n’achetait pas grand chose. Comme elle n’avait pas beaucoup d’argent, elle comparaissait les prix et achetait le moins cher possible. Elle faisait toujours très attention et n’était pas bigoudène pour rien!
Ce jour-là, elle était venue acheter un petit cochon qu’elle voulait engraisser: cela lui revenait moins cher que chez le boucher du coin. Elle habitait une petite maison modeste avec un petit potager où elle passait beaucoup de temps. Son mari était mort à la guerre mais elle ne se plaignait jamais. Elle n’en parlait pas ou très peu et surmontait sa peine grâce à l’entourage de tous ses petit enfants. Elle tâchait toujours de leur faire plaisir en leur faisant des crêpes le jeudi car ils n’avaient pas école ce jour-là. Elle était heureuse de rendre service aux siens, malgré ses petits revenus.
Marie-Jeanne était très discrète car elle n’avait pas beaucoup d’amis depuis que son mari était mort. Son mari vendait des bêtes au marché mais elle n’avait pas pu les garder. Elle avait dû les vendre. Sa vie de tous les jours se résumait ainsi, à faire pousser les fruits et  légumes du potager et à nourrir le coeur de ses petit-enfants le jeudi, lors de leur visite.

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Paroles d’habitants : prochainement sur vos écrans

Cette catégorie est destinée aux productions des Plozévétiens, issues des ateliers qui sont en train de se mettre en place, au collège et à l’école primaire. A bientôt donc.

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