Philippe Bosser a organisé une rencontre avec deux commerciaux – l’un responsable du surgelé, l’autre de l’épicerie – du groupe Pomona spécialisé dans la distribution de produits alimentaires, notamment auprès des restaurants scolaires.
Comment préparer 240 crèmes brûlées ?
Il y avait plus simple comme recette : décapsuler un bidon de jaunes d’oeufs, verser une poudre de lait à dissolution instantanée et saupoudrer du sucre magique qui caramélise tout seul. Mais Philippe Bosser sait qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs.
Qui va à la chasse…

La pêche. La nature. Il ne manquait plus qu’à notre tableau de chasse… la chasse ! Un dimanche soir, invitées par Joël Ansquer, le pêcheur de goémon, nous nous retrouvons à la salle communale. Là même où avait été organisé l’atelier crêpes. A la place de pâtes sucrées, nous attendent des… pattes de lièvres. Une quinzaine de chasseurs en tenue de camouflage, bottes kaki, casquettes vissées sur leurs cheveux coupés ras, se retrouvent pour la pesée.


Sept bêtes gisent sur les tables recouvertes de papiers journaux qui boivent peu à peu le sang qui s’en écoule. Sept bêtes qu’ils ont traquées toute la journée au bout de leur fusil, encadrés par une réglementation drastique que Michel Raphalen, président de la chasse plozévetienne, nous explique tout en poussant son coup de gueule : « On doit obtenir un permis de chasse, le faire valider tous les ans auprès de la fédération, respecter les dates d’ouverture et de fermeture (cette année : du 26 septembre 2010 au 28 février 2011) ainsi que le nombre de bêtes auxquelles on a droit (comme aujourd’hui, 8 lièvres, pas un de plus), marquer le gibier avec des bracelets qui coûtent cher… Ah ! On nous tire dessus de partout. Le chasseur est une espèce en voie de disparition. La faute aux écologistes, alors que nous sommes certainement plus écolos qu’eux. Prenez le biotop actuel : il est si perturbé que les chasseurs doivent intervenir. Par exemple, si on ne tue pas les renards, ils vont manger le gibier. Et si on ne tue pas les lapins, ils vont manger les cultures. »
Mais revenons à nos lièvres. Chaque pesée (entre 3,5 et 4,1 kilos) déclenche des coups de menton d’approbation : « C’est des pièces, hein ? » « C’est des morceaux, hein ? » Après avoir tâté la patte pour estimer l’âge et farfouillé sous les poils pour déterminer le sexe, les chasseurs sortent dehors couper la patte avant de chacun de leur lièvre sur une planche en bois afin de l’envoyer pour analyse. Puis retournent dans la salle pour trinquer à (petits) coups de bière. Et d’Orangina pour Michel Raphalen : « Quand j’ai été nommé président, j’ai supprimé la voiture-balai qui servait un peu trop de bistrot ambulant ! » Tout en discutant recettes : « Je vais cuisiner mon lièvre en civet avec des champignons » prévoit ainsi Joël. Avant de rentrer chacun chez soi, les chasseurs prennent soin de trier leurs déchets : les bouteilles de bière dans la poubelle à verre. Ecologiques oui ! Alcooliques non !
Des associations à foison
Danse bretonne, galoche bigoudène, groupe de chants de marins, confection de crêpes, préservation du patrimoine, sans oublier club photos, Ping-Pong, foot ou capoera… Avec pas moins de 39 associations (pour 3000 habitants) recensées sur son territoire, pas étonnant que Plozevet ait été choisie, ainsi que onze autres communes de France, pour commémorer en 2001 le centième anniversaire de la Loi 1901 sur le contrat d’association.




Tiens, tiens, tiens. V’là les Parisiens !
Présenter Les Boulinerien comme une chorale, c’est prendre le risque de se faire jeter par dessus bord ! « Ce mot évoque la discipline, la tenue, le garde à vous devant le chef de cœur. Rien à voir avec nous » souligne René Caradec, président actuel de ce GROUPE ( ! ) de chants de marins fondé à Plozevet en 1993. La référence à la grande époque de la marine marchande à voile convient beaucoup mieux à ces 21 membres d’équipage. D’ailleurs, il n’y a pas de femmes à bord ! « C’est comme à l’époque, précise René, avant d’ajouter : mais nos épouses nous accompagnent tout le temps en déplacement. Même quand on est allé faire des concerts jusqu’au Mexique et en Irlande. » Ce que cherchent à recréer (avec talent) ces hommes, c’est l’atmosphère virile qui régnait sur les quatre mâts lorsque les marins entonnaient des chants de travail pour se donner du cœur à l’ouvrage : « Chaque manœuvre était accompagnée d’un chant, rappelle René, comme le chant à hisser les voiles ou à virer de bord. Tout le monde devait fournir l’effort au même moment ». Un esprit de solidarité qu’ont su perpétuer les Boulinerien malgré leurs différents horizons : des professeurs, des instituteurs et un conseiller principal d’éducation côtoient ainsi un conducteur de bus, un autre de train ou un ouvrier de l’entreprise Hénaff. « Bon, depuis 17 ans, on a tous vieilli et beaucoup d’entre nous sont aujourd’hui à la retraite ! »

Tous les mercredis soir, les copains se rassemblent pour répéter dans la salle des jeunes de Plozevet en vue de leur prochaine tournée et de l’enregistrement de leur cinquième album. Les Boulineriens font en moyenne 20 à 25 concerts par an : de Boulogne sur mer à Paimpol pour le Festival de chants marins en passant par les fêtes locales de Douarnenez ou Brest. « Nous sommes un groupe essentiellement vocal, mais on s’accompagne de musique. Il y a deux accordéons – un diatonique et un chromatique – des flûtes traditionnelles, une mandoline, une guitare et une bombarde ». Sans oublier quelques bouteilles de cidre et de vin. Mais le soir de notre présence, les gobelets restent étrangement à marée basse ! Jean-Luc Quéméneur s’en étonne : « Hé, les gars ! Y’a le cubi qui trépigne sur les étagères. Faut pas se laisser impressionner par les demoiselles de Paris quand même ! »
Samedi, on les revoit pour une soirée – bien arrosée comme il se doit ! – chez l’un d’eux, Jean-Louis Lecamus. Et comme à chaque fois que plus de deux Boulinerien se retrouvent dans une même pièce, entre la poire et le fromage, ils entonnent des chansons de marin. Ambiance !
PS : Au sens propre, le terme « bouliner » signifie serrer le vent au plus près. Et au sens figuré, serrer au plus près… les filles !
