En direct du Club du 3ème âge

Jean-Claude Stourm, adjoint au maire chargé de la culture et du patrimoine, nous propose de passer au Club du 3ème âge que fréquente « Jolie maman », sa belle mère âgée de 97 ans. Il arrive avec les tirages des photos prises par Jacques Windenberger en 1962. L’occasion de glaner quelques paroles auprès de la mémoire de Plozevet.

- « Ce qui est bien avec les photos, c’est qu’on garde des images des choses qu’on ne voit plus. Comme les coiffes bigoudènes. Elles ont disparu de Plozevet dans les années 1970. C’est vrai que parfois ce n’était pas très pratique de les porter. Certaines mesuraient jusqu’à 34 centimètres. Les coiffes montaient au fur et à mesure que les jupes raccourcissaient !  »

- « Autrefois, les gens vivaient d’une façon plus heureuse. Ils avaient des sentiments, quoi. Ils étaient ensemble. Maintenant, c’est chacun chez soi devant la télévision. Les vieux, à la maison de retraite. Les enfants, loin du pays. Ce qui est bien quand même, c’est qu’on a gagné en confort avec la machine à laver, l’eau courante et l’électricité. On n’a plus besoin d’aller au lavoir. Et puis les jeunes sont moins timides. Ils parlent plus facilement avec les adultes. Nous, on n’aurait jamais osé. »

- « La langue bretonne, contrairement au Français, est plus précise, plus riche. On a par exemple plein de mots pour dire ivrogne !  »

- « Les gens de la ville veulent s’installer à la campagne mais ils ne veulent pas être dérangés par ses bruits comme le chant du coq ou les cloches de l’église. Ils sont « spécial » quand même ceux qui viennent d’ailleurs. Et puis ils clôturent tous leurs maisons. On ne peut plus couper à travers champs comme dans le temps. Si c’est ça le progrès !  »

- « On aime bien les touristes ». « Oui, mais on aime bien qu’ils partent ».

- « Nous, on n’aurait pas idée d’aller passer notre retraite ailleurs qu’au pays. On est enraciné ici, à Plozevet ».

- « Quand je ramasse les graines de fleurs dans mon jardin à l’automne pour les mettre à sécher dans des sacs en papier, je me dis toujours : est-ce que je serai encore là pour les replanter au printemps ? »

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Une récolte de réponses

ça y est, on a ouvert nos valises : au gré de nos rencontres, on sème nos questions en ayant hâte de récolter des réponses. Que sont devenus les paysans ? Se sont-ils transformés en agriculteurs « intensifs » ou se sont-ils tournés vers une culture « raisonnée » ? Et les pêcheurs, y en a-t-il toujours dans cette commune tournée vers les terres mais bordée de 7 kilomètres de côtes dentelées par les vagues de l’océan Atlantique ? Bref, comment vivent les 3000 habitants de Plozévet ?

Premières pistes de réponses grâce à Laure Welschen, qui nous propose, adorablement, de faire un tour de la commune à bord de sa voiture déglinguée :  « Comme ça vous aurez un aperçu d’ensemble. Alors, sur votre gauche, la conserverie de poisson Capitaine Cook.  Sur votre droite, des champs de maïs et de blé. Et pas loin du camping, l’exploitation d’une maraîchère ». A chaque information, on note dans notre tête : « à contacter » … La visite est ponctuée de données touristiques livrées au pas de course style : « Plozevet et son église paroissiale-sa fontaine-sa statue de la Bigoudène-ses calvaires-son musée de petits meubles bretons. Vous avez vu ? Bien. On continue ». Vroum ! Et de réflexions livrées comme elle conduit (sans frein !)… « Ce qui est dur à Plozevet, c’est que ceux qui sont nés ici, sur la commune, dès lors qu’ils franchissent la frontière du pays Bigouden pour aller travailler à Rennes, Nantes ou Paris, et bien quand ils reviennent, on les considère comme des étrangers. C’est la même chose qu’avec Sarkozy : ils perdent leur identité ! Bon, en même temps, c’est à la fois flou et mouvant : on peut aussi très bien être né sur un autre territoire et se faire accepter comme Plozévétien. »

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La chorale inspirée

En rentrant à la médiathèque poster nos articles, nous voyons un groupe d’habitants sur le trottoir d’en face. Rencontre avec la chorale Awen (« inspiration » en Breton).

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