Nous avons rencontré Monique Hick-Cozic par l’intermédiaire de l’association du côté des femmes. Lors de nos ateliers, Monique voulait s’intéresser à la condition des femmes handicapées. Militante du droit à l’indépendance de ces personnes, elle rend fréquemment visite à une autre Monique, une sarcelloise handicapée depuis le plus jeune âge. Voici le texte qu’elle a écrit en atelier pour retranscrire leur rencontre.
Rendez-vous est donné pour lundi après midi. Monique, je ne l’ai pas revue depuis un mois. Engagées dans les mêmes commissions municipales, unies par la même cause, le handicap, nous nous rencontrons de temps en temps, lors des commémorations de rigueur, sans vraiment nous connaître. Je n’ai jamais vraiment osé lui poser des questions sur elle, d’habitude ce sont les autres qui nous intéressent. Mais là c’est différent, j’ai ma casquette de reportrice. Espérons qu’elle soit chez elle.
Connaissant le quartier » CHANTEPIE », je me rends donc à l’adresse donnée. Ceinturé de longs immeubles et de magasins fermés, le parvis de la Pyramide de « Chantepie » est désert, à part quelques pigeons qui se baladent sur le sol. Seules quelques mamans et quelques personnes âgées se promènent, à côté des enfants, qui rient, jouent, courent comme tous les mômes. C’est une belle journée.
Arrivée au hall d’entrée, je sonne. « MONIQUE » ayant du mal à se déplacer, j’attends, avant de sonner à nouveau. « C’est ouvert ! Entre ». Dans la salle de séjour éclairée par une large baie vitrée, elle s’avance et me désigne un siège devant la table de salle à manger. « Je t’embrasse pas, mais le cœur y est, j’ai un gros rhume ! », lui dis-je.
L’entrée dans la salle de séjour est très éclairée par une large baie vitrée. MONIQUE s’avance, me suit, avant de me désigner un siège devant la table de salle à manger. L’endroit reflète un lieu non disposé davantage disposé par la volonté de vivre debout que par son handicap la conséquence d’une poliomyélite contractée à l’âge de trois mois. Le fauteuil roulant est bien présent, mais les étagères et les meubles sont à hauteur normale.
Je lui demande si elle a toujours été active. « Oui me répond-elle. Quand je suis arrivée à Sarcelles, en 1986, je travaillais aux Flanades, à temps plein, dans la fonction publique. J’ai commencé en 1968. Cela a été facile au début, mais la réalité, celle d’un frein, a fini par me rattraper de toute évidence » me fait elle part.
Pourquoi ? « L’impossibilité de postuler pour avoir un stage par exemple, vu l’éloignement du centre de formation de mon travail et donc de mon lieu de vie. Et puis je n’ai jamais pu faire d’études. C’était chose impossible pour les femmes de ma génération. Car à l’époque, l’accessibilité aux universités était inexistante ».








