Il pleut.
Sans doute ne pleut-il pas souvent à Fos-sur-Mer, mais quand il pleut, il pleut vraiment.
Comme à Berck ou à Brest.
Et ce vent puissant, soufflant d’est, pas le Mistral donc, achève de brouiller les repères.

Dans ces conditions, s’orienter dans l’espace hybride qui se découvre à nous n’est pas une mince affaire. Les usines, les marais, les ronds-points, les hauts pylônes électriques, les pins, les amas de maisons roses à toits tuilés, encore les ronds-points, les canaux, les routes et même la mer – la mer qu’on était sûr de pouvoir situer sur la carte – tout cela s’embrouille, se défait, se dilue.
Comment sortir de ce flou quasi vertigineux ? Perchée sur un gros rocher d’ocre épargné par l’érosion, la citadelle médiévale de l’Hauture, nous suggère de prendre un peu d’altitude.
Du haut de ses parapets, le puzzle humide se remet en ordre, le paysage retrouve de sa netteté. Au sud-ouest : l’immense complexe industriel et portuaire construit entre les années soixante et soixante-dix, une frange de végétation rase puis, toute en longueur : la ville. Au sud-est de la citadelle, le village ancien, et au nord-ouest, les extensions successives de la ville nouvelle, dont la plus récente vient d’être achevée.
Au nord-est : l’étang de l’estomac bordé par une colline boisée et prolongé, presque jusqu’à la mer, par les marais salants. Un espace sauvage à peine perturbé par une citerne d’eau blanche et une usine de ciment rouge. Tout est relatif.
La mer, le golfe de Fos, est bien à sa place, c’est-à-dire au sud-est, longée par le canal d’Arles à Port-de-Bouc et encombrée de pétroliers en attente de déchargements. Depuis une semaine, les dockers du Grand Port Maritime de Marseille luttent pour leur retraite et contestent la réforme portuaire.

Les averses se font de plus en plus violentes. Deux mirages passent, annonciateurs de tonnerre. Il est temps de redescendre de. Au risque de perdre encore le nord.
Il faudra quelques jours sans doute, et le retour du beau temps, pour se repérer dans Fos sans GPS ni passage à l’Hauture.

Colette
/ 12 janvier 2012Mon dieu que de souvenirs à Fos sur Mer, en1962 je passais toutes mes fins de semaine et les trois d’été, dans le ranch du Cavaou sur la route de Port st Louis, ah les cavalcades dans les marais pleins de moustiques, les roubines, les chevaux et les taureaux dans les marais, les flamands roses, hélas il a fallut quitter tout ça quand les raffineries ont commencées à défigurer tout ce magnifique paysage.
J’avais 20 à l’époque mais je sens toujours sur mon visage le Mistral les jours de grand vent, qui étaient nombreux.
Les plus belles années de ma vie se sont passées à Fox.
Donatien Garnier
/ 13 janvier 2012Où êtes vous partie après vos années fosséennes ? Etes-vous restée dans la région ?