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Des agneaux en Espagne

De Saint-Paul, où ils passent l’été, Christelle, la bergère, et son compagnon Michel descendront le troupeau vers le 15 octobre. Pour permettre à leur fils, Christophe, de rester encore quelques temps dans la classe unique de Saint-Paul.

La transhumance s’effectuera donc en camion. Il est maintenant trop tard pour franchir des cols qui risquent d’être enneigés. Pas le temps non plus de passer dix jours à marcher sur la route.

Car, si les moutons de certains bergers sont destinés à la fête de l’Aïd el Kebir, qui aura lieu le 17 novembre 2010, ce qui laisse plusieurs mois aux moutons pour se reproduire, ceux de Christelle et de son compagnon seront exportés vers l’Espagne et l’Italie, qui manquent d’agneaux en novembre et décembre. Il leur faut donc faire agneler un maximum à l’automne. Résultat : les « empoussées » sont nombreuses actuellement, certaines brebis ont encore agnelé la nuit dernière, et il n’est pas possible de les faire marcher dix jours dans cet état.

Ce sera donc le camion jusqu’aux environs de Digne, où vivent Christelle et Michel. Leur fils Christophe y retrouvera les camarades de sa deuxième école, une autre classe unique d’une quinzaine d’élèves.

En attendant, le mercredi, il passe la journée avec sa mère. Les montagnes de Fouillouse, un hameau de Saint-Paul en fond de vallée, lui servent à construire barrages, routes et ponts pour ses petits camions. Et, quand les brebis décident de rester calmes, il ouvre son cahier de devoirs pour travailler avec sa mère, assis sur une pierre plate.

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« Nous sommes en deçà de la viabilité économique pour nos villages »

Entrtetien avec le maire de Saint-Paul, Michel Tiran

De quoi vit le village ?

L’activité, ici, c’est le tourisme, le tourisme, le tourisme. Ca représente 85% de l’activité.

De l’activité rentable, j’entends. Car nous vivons beaucoup de subventions. A tel point que Car nous sommes en deçà de la viabilité économique pour nos villages. Comment voulez-vous faire autrement ? Un gigot d’agneau importé de Nouvelle-Zélande coûte tellement moins cher que celui élevé de France, ce n’est pas rentable de continuer l’élevage sans subventions.

Y compris pour entretenir les 22000 hectares du village ?

Oui, il nous faut goudronner les routes qui ne le sont pas, effectuer de lourds travaux. La mairie n’a pas les fonds suffisants. Or, c’est un métier de remplir de dossier de demandes d’aides. Il faudrait être technicien, architecte, génie civil, selon les sujets. Ce qui explique que certains baissent les bras.

Quel type de tourisme développez-vous ?

Actuellement, nous diversifions l’activité touristique. Avant, c’était surtout ski l’hiver et rando l’été. Mais, de plus en plus, les visiteurs cherchent d’autres activités, ils veulent varier les plaisirs. Aujourd’hui, deux guides font visiter l’été le fort de Tournoux, qui se trouvait sur la ligne Maginot. Pour l’hiver, nous avons des pistes de ski de fond, et nous allons développer des parcours « grand nord », qui allient raquettes, repérage des traces d’animaux dans la neige, repas traditionnel, etc. Nous n’avons pas fait le choix du tout ski, contrairement à la commune voisine de Vars, et il nous faut maintenant miser sur cette préservation de la nature. Sur ses 22000 ha, le village compte 30 sommets de plus de 3000 mètres.


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