- Durée conseillée
- 1 à 2 jours
- Bataille
- 21 février au 18 décembre 1916
- Morts
- plus de 300 000, français et allemands
- Nécropole de Douaumont
- 16 142 tombes
- Depuis Paris
- 1 h 45 en TGV et navette
- Budget indicatif
- 50 à 100 euros par jour
Pourquoi venir
La bataille de Verdun, du 21 février au 18 décembre 1916, a fait plus de trois cent mille morts, environ 163 000 Français et 143 000 Allemands. Par le système de rotation des unités voulu par Pétain, près des trois quarts de l'armée française y sont passés.
Le champ de bataille est resté tel que les obus l'ont laissé, sous une forêt replantée après guerre sur près de dix mille hectares : trous d'obus, tranchées, abris et forts se lisent encore dans le sol.
L'ossuaire de Douaumont abrite les restes d'environ 130 000 soldats non identifiés, français et allemands, face à une nécropole de 16 142 tombes. François Mitterrand et Helmut Kohl s'y sont tenus par la main en 1984.
Neuf villages détruits n'ont jamais été reconstruits. Six d'entre eux, sans aucun habitant, gardent le statut de commune, administrée par un conseil de trois membres nommés par le préfet : une singularité sans équivalent.
Se repérer
La ville s'étend de part et d'autre de la Meuse. Sur la rive gauche, la ville haute rassemble la cathédrale Notre-Dame, l'ancien palais épiscopal devenu Centre mondial de la paix et la citadelle, sous laquelle courent les galeries souterraines. En contrebas, les quais, dont le quai de Londres, concentrent restaurants et terrasses, près de la porte Chaussée, tour-porte médiévale au bord de l'eau.
Le champ de bataille principal s'étend au nord-est, sur la rive droite, à six à dix kilomètres du centre : Mémorial, ossuaire et nécropole de Douaumont, forts de Douaumont et de Vaux, village détruit de Fleury et tranchée des Baïonnettes, reliés par des routes forestières.
Au nord-ouest, sur la rive gauche, les collines du Mort-Homme et de la cote 304, disputées à partir de mars 1916, sont beaucoup moins fréquentées. Au sud-ouest, la Voie sacrée arrive de Bar-le-Duc : c'est par elle que transitait le ravitaillement de toute la bataille.
Que voir et que faire
Les incontournables de Verdun, classés par nature d'intérêt, avec les informations pratiques qui changent réellement une visite.
- Incontournable Le Mémorial de Verdun
À Fleury-devant-Douaumont, au cœur du champ de bataille, le musée de la bataille rouvert en 2016 après rénovation. Objets, témoignages des deux camps et sol de combat reconstitué : la meilleure entrée en matière, à visiter en premier.
À savoir : Payant, compter 2 h - Incontournable L'ossuaire de Douaumont
Une longue nef et une tour de 46 mètres, lanterne des morts dont les feux balaient le champ de bataille la nuit. Par les fenêtres basses, on aperçoit les ossements de quelque 130 000 soldats inconnus.
À savoir : Nef libre, tour et film payants - Mémoire La nécropole nationale de Douaumont
Seize mille cent quarante-deux tombes françaises alignées devant l'ossuaire, avec des stèles musulmanes et, à proximité, les monuments aux soldats musulmans et juifs morts pour la France.
À savoir : Accès libre - Fort Le fort de Douaumont
Le plus puissant des forts de la place, pris presque sans combat par les Allemands le 25 février 1916 et repris par les troupes coloniales françaises le 24 octobre. Galeries suintantes, casemates et tourelle de 155 : on mesure la vie de centaines d'hommes enfermés sous le béton.
À savoir : Payant, prévoir un vêtement chaud - Fort Le fort de Vaux
Assiégé début juin 1916 et défendu par le commandant Raynal et une garnison privée d'eau jusqu'à la reddition du 7 juin. Son dernier pigeon voyageur, le Vaillant, est entré dans la légende.
À savoir : Payant - Village détruit Fleury-devant-Douaumont
De ce village de plus de quatre cents habitants ne restent que des creux dans la forêt et des stèles indiquant la maison du forgeron, du boulanger ou du cultivateur. Une chapelle marque l'emplacement de l'ancienne église.
À savoir : Accès libre, sentier balisé - Mémoire La tranchée des Baïonnettes
Un monument de béton élevé en 1920 grâce à un donateur américain, au-dessus d'une tranchée où, selon la tradition, des soldats du 137e régiment d'infanterie auraient été ensevelis. Le récit est discuté par les historiens, le lieu reste saisissant.
À savoir : Accès libre - Souterrain La citadelle souterraine
Sous la citadelle haute, sept kilomètres de galeries creusées à partir de 1886, qui abritaient jusqu'à dix mille soldats pendant la bataille. Une nacelle audioguidée en parcourt une partie. C'est ici que le Soldat inconnu a été désigné, le 10 novembre 1920.
À savoir : Payant, environ 30 min
Une journée réussie, heure par heure
Un déroulé qui tient compte des horaires de fréquentation, de la lumière et des contraintes locales. À adapter, mais l'ordre compte autant que le contenu.
-
9 h, le Mémorial de Verdun
Deux heures pour comprendre la chronologie, la vie des soldats des deux camps et la géographie des lieux, avant de les parcourir.
-
11 h, Fleury-devant-Douaumont
Le village détruit à deux pas du Mémorial, ses stèles dans la forêt et un sol encore bosselé par les obus.
-
12 h, l'ossuaire et la nécropole
La nef, les fenêtres basses sur les ossements, la montée à la tour pour la vue sur le champ de bataille et les 16 142 tombes.
-
13 h, pause déjeuner
Pique-nique ou retour rapide en ville : les adresses sont rares sur le champ de bataille.
-
14 h 30, le fort de Douaumont
Les galeries, les casemates et la tourelle, puis le dessus du fort, labouré par les obus.
-
16 h, la tranchée des Baïonnettes et le fort de Vaux
Le monument de 1920, puis le fort du commandant Raynal et l'histoire de son dernier pigeon.
-
17 h 30, la citadelle souterraine
Retour en ville pour la nacelle dans les galeries et la salle où fut désigné le Soldat inconnu, avant un dîner sur les quais.
Quand y aller
Meilleure période : D'avril à octobre, quand tous les sites sont ouverts. Le printemps et l'automne offrent le calme propice à la visite ; en hiver, plusieurs sites ferment une partie de la saison.
| Saison | Ce qui vous attend |
|---|---|
| Printemps | La forêt reverdit en laissant voir le relief bouleversé du sol. Fréquentation modérée, hormis les nombreux groupes scolaires en mai et juin. |
| Été | Tous les sites sont ouverts, et le spectacle Des flammes à la lumière se joue certains soirs de fin juin à fin juillet. Les forts restent frais : prévoyez un vêtement. |
| Automne | La lumière basse et les feuillages accentuent la gravité des lieux. Les cérémonies du 11 novembre rassemblent officiels et descendants. |
| Hiver | Paysages dépouillés où les trous d'obus se lisent le mieux, mais plusieurs sites ferment une partie de l'hiver. Vérifiez avant de venir. |
Pour aller plus loin, consultez nos guides quand partir en France saison par saison et mois par mois.
Combien de temps rester
Durée conseillée : Une journée pour le champ de bataille de la rive droite, deux avec la ville, la citadelle souterraine et la rive gauche du Mort-Homme.
- Une journée
Le Mémorial, Fleury, l'ossuaire et la nécropole, le fort de Douaumont et la tranchée des Baïonnettes.
- Deux jours
Ajoutez la ville, la citadelle souterraine, le fort de Vaux et la rive gauche : le Mort-Homme et la cote 304.
- Trois jours
Complétez par la butte de Vauquois et ses cratères de mines, la crête des Éparges et le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon, le plus grand cimetière militaire américain d'Europe.
Où dormir
- Première visite Centre-ville et quais de la Meuse
Hôtels et chambres autour du quai de Londres et de la cathédrale, restaurants à pied, et le champ de bataille à dix minutes de voiture.
- Étape pratique Sorties de ville
Hôtels de chaîne faciles d'accès depuis l'A4, pour une nuit sur la route de l'Est, avec stationnement simple.
- Calme et budget Villages des côtes de Meuse
Gîtes et chambres d'hôtes dans les villages de la vallée et des côtes de Meuse, à vingt minutes, à des tarifs parmi les plus bas du pays.
Où manger et quoi goûter
- Les dragées de Verdun
La ville revendique l'invention de la dragée, dont la tradition locale fait remonter l'origine au XIIIe siècle. Amandes enrobées de sucre, vendues dans les confiseries du centre.
- La quiche et la potée lorraines
Les classiques de la table lorraine, servis dans les restaurants des quais, avec en saison la mirabelle en tarte ou en eau-de-vie.
- Les vins des côtes de Meuse
Un petit vignoble en indication géographique protégée, au sud-est de la ville, sur les coteaux qui dominent la plaine de la Woëvre, parmi les vergers de mirabelliers.
Comment y aller et se déplacer
- Train
Environ une heure de TGV entre Paris Est et la gare Meuse TGV, puis une navette en car d'une trentaine de minutes jusqu'au centre de Verdun. La gare de Verdun est aussi reliée en TER à Metz et Nancy, avec correspondance.
- Voiture
Environ 3 heures depuis Paris par l'A4, une heure depuis Metz. Indispensable pour le champ de bataille, dont les sites sont dispersés sur une dizaine de kilomètres.
- Sans voiture
Aucun transport public régulier ne relie les sites du champ de bataille. En saison, des circuits commentés en car partent de la ville ; le vélo à assistance électrique permet aussi de les relier par des routes forestières vallonnées.
- À pied
Le centre, la citadelle et les quais se parcourent à pied. Sur le champ de bataille, des sentiers balisés relient villages détruits et ouvrages : n'en sortez pas, des munitions non explosées subsistent dans le sol.
Quel budget prévoir
| Poste | Petit budget | Intermédiaire | Confort |
|---|---|---|---|
| Hébergement pour 2 | 50 à 75 euros | 85 à 120 euros | 150 euros et plus |
| Repas par personne | 12 à 18 euros | 24 à 34 euros | 50 euros et plus |
| Visites | 0 euro nécropole et villages | 20 à 25 euros Mémorial et un fort | 40 à 50 euros tous les sites |
| Transports sur place | 0 euro à pied en ville | 10 euros de carburant | 30 à 40 euros circuit commenté |
Ordres de grandeur constatés hors promotions, à ajuster selon la saison. Voir notre guide du budget voyage en France.
Ce qui ne coûte rien
Tout ne se paye pas, et les sites gratuits comptent souvent parmi les plus marquants.
La nécropole nationale et la nef de l'ossuaire de Douaumont.
Le village détruit de Fleury-devant-Douaumont et ses sentiers.
La tranchée des Baïonnettes.
Le Mort-Homme et la cote 304, sur la rive gauche.
La cathédrale Notre-Dame, la porte Chaussée et les quais de la Meuse.
L'agenda de l'année
Les rendez-vous qui changent l'ambiance du lieu, en bien comme en affluence. Vérifiez les dates exactes, qui varient d'une année à l'autre.
| Période | Rendez-vous | Ce que cela change |
|---|---|---|
| 21 février | Anniversaire du début de la bataille | Cérémonies au Mémorial et à l'ossuaire, en souvenir du déclenchement de l'offensive allemande de 1916. |
| Avril à octobre | Saison des visites | Tous les sites ouverts, visites guidées des forts et circuits commentés au départ de la ville. |
| Fin juin à fin juillet | Des flammes à la lumière | Le grand son et lumière consacré à la bataille, joué les vendredis et samedis soir par plusieurs centaines de bénévoles dans une ancienne carrière près de Verdun. |
| Octobre | Forêt d'automne | Les feuillus du champ de bataille prennent leurs couleurs, la fréquentation baisse et la lumière rasante révèle le relief des trous d'obus. |
| 11 novembre | Armistice | Cérémonies à l'ossuaire, à la nécropole et au monument à la Victoire, dans la ville. |
S'il pleut
Le vocabulaire du coin
- Noria
- Système de rotation rapide des divisions mis en place par Pétain en 1916 : les unités montaient en ligne quelques jours puis étaient relevées, si bien que la majorité de l'armée française est passée par Verdun.
- Voie sacrée
- La route d'environ cinquante-six kilomètres entre Bar-le-Duc et Verdun, principale artère de ravitaillement de la bataille, où passait un camion toutes les quinze secondes environ au plus fort des combats.
- Zone rouge
- Terrains si bouleversés et pollués après 1918 qu'ils ont été soustraits à la culture et à l'habitat, puis reboisés. La forêt domaniale de Verdun en est issue.
- Village mort pour la France
- Formule attachée aux neuf villages détruits autour de Verdun et jamais reconstruits, qui conservent une existence administrative.
Avec qui partir
- Avec des ados
Le programme d'histoire de troisième et de première prend corps ici : les galeries des forts et la nacelle de la citadelle marquent davantage qu'un manuel.
Notre guide avec des ados - En famille
À partir de dix ans environ, en préparant la visite. Le Mémorial montre des images dures, mais les forts et les tranchées rendent l'histoire concrète.
Notre guide en famille - En solo
Le champ de bataille se prête à une visite en silence, tôt le matin, quand les sentiers forestiers sont déserts.
Notre guide en solo - En groupe
Le Mémorial et les forts accueillent les groupes sur réservation, avec des guides spécialisés. Prévoyez un car pour relier les sites.
Notre guide en groupe - Seniors et voyage confortable
Les principaux sites sont proches les uns des autres et accessibles en voiture ; seuls les forts demandent de marcher sur des sols humides et inégaux.
Notre guide seniors et voyage confortable
À voir dans les environs
- 25 km La butte de Vauquois
Un village rayé de la carte par la guerre des mines, dont les cratères entaillent encore la colline.
- 20 à 35 km Les Éparges et Saint-Mihiel
La crête des Éparges racontée par Maurice Genevoix, puis le sépulcre sculpté par Ligier Richier dans l'église Saint-Étienne de Saint-Mihiel.
- 75 km Metz
Le Centre Pompidou-Metz et la cathédrale aux immenses verrières.
- 120 km Reims
La cathédrale des sacres, bombardée en 1914 puis restaurée, et les maisons de champagne.
Les erreurs à éviter
Verdun : questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour visiter Verdun et le champ de bataille ?
Une journée pleine pour le Mémorial, l'ossuaire, le fort de Douaumont, Fleury et la tranchée des Baïonnettes. Deux jours permettent d'ajouter la citadelle souterraine, le fort de Vaux, la ville et la rive gauche du Mort-Homme.
Par où commencer la visite du champ de bataille de Verdun ?
Par le Mémorial de Verdun, à Fleury-devant-Douaumont : deux heures pour comprendre la chronologie, les forces en présence et le terrain. Enchaînez ensuite le village détruit de Fleury, l'ossuaire, puis le fort de Douaumont, tous à quelques minutes de route les uns des autres.
Combien de morts à la bataille de Verdun ?
Environ 163 000 Français et 143 000 Allemands, soit plus de 300 000 morts en dix mois, et plus de 700 000 victimes si l'on compte les blessés et les prisonniers. L'ossuaire de Douaumont conserve les restes d'environ 130 000 soldats non identifiés des deux camps.
Peut-on visiter Verdun sans voiture ?
La ville et la citadelle, oui : TGV jusqu'à Meuse TGV puis navette, et tout se fait à pied dans le centre. Pour le champ de bataille, à une dizaine de kilomètres, il faut réserver un circuit commenté au départ de la ville, prendre un taxi ou louer un vélo à assistance électrique.
Le champ de bataille de Verdun convient-il aux enfants ?
À partir de dix ans environ, en préparant la visite. Le Mémorial montre des images dures, mais les forts, les tranchées et la nacelle de la citadelle souterraine rendent l'histoire concrète pour les plus grands.
Combien coûtent les visites à Verdun ?
La nécropole, la nef de l'ossuaire, Fleury et la tranchée des Baïonnettes sont gratuits. Le Mémorial, les forts, la tour de l'ossuaire et la citadelle souterraine sont payants, pour un total d'environ quarante à cinquante euros par adulte si l'on visite tout.








