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Ossuaire de Douaumont et sa tour dominant les rangées de croix blanches de la nécropole nationale, sous un ciel gris d'automne

Grand Est · Meuse (55)

Verdun

Trois cents jours de combats en 1916, plus de trois cent mille morts et une forêt replantée sur un sol encore criblé de trous d'obus. Le champ de bataille de Verdun, à dix minutes de la ville, reste le lieu de mémoire le plus saisissant de la Grande Guerre en France, à condition de le visiter dans un ordre qui en rend la lecture possible.

Durée conseillée
1 à 2 jours
Bataille
21 février au 18 décembre 1916
Morts
plus de 300 000, français et allemands
Nécropole de Douaumont
16 142 tombes
Depuis Paris
1 h 45 en TGV et navette
Budget indicatif
50 à 100 euros par jour

Pourquoi venir

  • La bataille de Verdun, du 21 février au 18 décembre 1916, a fait plus de trois cent mille morts, environ 163 000 Français et 143 000 Allemands. Par le système de rotation des unités voulu par Pétain, près des trois quarts de l'armée française y sont passés.

  • Le champ de bataille est resté tel que les obus l'ont laissé, sous une forêt replantée après guerre sur près de dix mille hectares : trous d'obus, tranchées, abris et forts se lisent encore dans le sol.

  • L'ossuaire de Douaumont abrite les restes d'environ 130 000 soldats non identifiés, français et allemands, face à une nécropole de 16 142 tombes. François Mitterrand et Helmut Kohl s'y sont tenus par la main en 1984.

  • Neuf villages détruits n'ont jamais été reconstruits. Six d'entre eux, sans aucun habitant, gardent le statut de commune, administrée par un conseil de trois membres nommés par le préfet : une singularité sans équivalent.

Se repérer

La ville s'étend de part et d'autre de la Meuse. Sur la rive gauche, la ville haute rassemble la cathédrale Notre-Dame, l'ancien palais épiscopal devenu Centre mondial de la paix et la citadelle, sous laquelle courent les galeries souterraines. En contrebas, les quais, dont le quai de Londres, concentrent restaurants et terrasses, près de la porte Chaussée, tour-porte médiévale au bord de l'eau.

Le champ de bataille principal s'étend au nord-est, sur la rive droite, à six à dix kilomètres du centre : Mémorial, ossuaire et nécropole de Douaumont, forts de Douaumont et de Vaux, village détruit de Fleury et tranchée des Baïonnettes, reliés par des routes forestières.

Au nord-ouest, sur la rive gauche, les collines du Mort-Homme et de la cote 304, disputées à partir de mars 1916, sont beaucoup moins fréquentées. Au sud-ouest, la Voie sacrée arrive de Bar-le-Duc : c'est par elle que transitait le ravitaillement de toute la bataille.

Que voir et que faire

Les incontournables de Verdun, classés par nature d'intérêt, avec les informations pratiques qui changent réellement une visite.

  • Incontournable Le Mémorial de Verdun

    À Fleury-devant-Douaumont, au cœur du champ de bataille, le musée de la bataille rouvert en 2016 après rénovation. Objets, témoignages des deux camps et sol de combat reconstitué : la meilleure entrée en matière, à visiter en premier.

    À savoir : Payant, compter 2 h
  • Incontournable L'ossuaire de Douaumont

    Une longue nef et une tour de 46 mètres, lanterne des morts dont les feux balaient le champ de bataille la nuit. Par les fenêtres basses, on aperçoit les ossements de quelque 130 000 soldats inconnus.

    À savoir : Nef libre, tour et film payants
  • Mémoire La nécropole nationale de Douaumont

    Seize mille cent quarante-deux tombes françaises alignées devant l'ossuaire, avec des stèles musulmanes et, à proximité, les monuments aux soldats musulmans et juifs morts pour la France.

    À savoir : Accès libre
  • Fort Le fort de Douaumont

    Le plus puissant des forts de la place, pris presque sans combat par les Allemands le 25 février 1916 et repris par les troupes coloniales françaises le 24 octobre. Galeries suintantes, casemates et tourelle de 155 : on mesure la vie de centaines d'hommes enfermés sous le béton.

    À savoir : Payant, prévoir un vêtement chaud
  • Fort Le fort de Vaux

    Assiégé début juin 1916 et défendu par le commandant Raynal et une garnison privée d'eau jusqu'à la reddition du 7 juin. Son dernier pigeon voyageur, le Vaillant, est entré dans la légende.

    À savoir : Payant
  • Village détruit Fleury-devant-Douaumont

    De ce village de plus de quatre cents habitants ne restent que des creux dans la forêt et des stèles indiquant la maison du forgeron, du boulanger ou du cultivateur. Une chapelle marque l'emplacement de l'ancienne église.

    À savoir : Accès libre, sentier balisé
  • Mémoire La tranchée des Baïonnettes

    Un monument de béton élevé en 1920 grâce à un donateur américain, au-dessus d'une tranchée où, selon la tradition, des soldats du 137e régiment d'infanterie auraient été ensevelis. Le récit est discuté par les historiens, le lieu reste saisissant.

    À savoir : Accès libre
  • Souterrain La citadelle souterraine

    Sous la citadelle haute, sept kilomètres de galeries creusées à partir de 1886, qui abritaient jusqu'à dix mille soldats pendant la bataille. Une nacelle audioguidée en parcourt une partie. C'est ici que le Soldat inconnu a été désigné, le 10 novembre 1920.

    À savoir : Payant, environ 30 min

Une journée réussie, heure par heure

Un déroulé qui tient compte des horaires de fréquentation, de la lumière et des contraintes locales. À adapter, mais l'ordre compte autant que le contenu.

  1. 9 h, le Mémorial de Verdun

    Deux heures pour comprendre la chronologie, la vie des soldats des deux camps et la géographie des lieux, avant de les parcourir.

  2. 11 h, Fleury-devant-Douaumont

    Le village détruit à deux pas du Mémorial, ses stèles dans la forêt et un sol encore bosselé par les obus.

  3. 12 h, l'ossuaire et la nécropole

    La nef, les fenêtres basses sur les ossements, la montée à la tour pour la vue sur le champ de bataille et les 16 142 tombes.

  4. 13 h, pause déjeuner

    Pique-nique ou retour rapide en ville : les adresses sont rares sur le champ de bataille.

  5. 14 h 30, le fort de Douaumont

    Les galeries, les casemates et la tourelle, puis le dessus du fort, labouré par les obus.

  6. 16 h, la tranchée des Baïonnettes et le fort de Vaux

    Le monument de 1920, puis le fort du commandant Raynal et l'histoire de son dernier pigeon.

  7. 17 h 30, la citadelle souterraine

    Retour en ville pour la nacelle dans les galeries et la salle où fut désigné le Soldat inconnu, avant un dîner sur les quais.

Quand y aller

Meilleure période : D'avril à octobre, quand tous les sites sont ouverts. Le printemps et l'automne offrent le calme propice à la visite ; en hiver, plusieurs sites ferment une partie de la saison.

SaisonCe qui vous attend
PrintempsLa forêt reverdit en laissant voir le relief bouleversé du sol. Fréquentation modérée, hormis les nombreux groupes scolaires en mai et juin.
ÉtéTous les sites sont ouverts, et le spectacle Des flammes à la lumière se joue certains soirs de fin juin à fin juillet. Les forts restent frais : prévoyez un vêtement.
AutomneLa lumière basse et les feuillages accentuent la gravité des lieux. Les cérémonies du 11 novembre rassemblent officiels et descendants.
HiverPaysages dépouillés où les trous d'obus se lisent le mieux, mais plusieurs sites ferment une partie de l'hiver. Vérifiez avant de venir.

Pour aller plus loin, consultez nos guides quand partir en France saison par saison et mois par mois.

Combien de temps rester

Durée conseillée : Une journée pour le champ de bataille de la rive droite, deux avec la ville, la citadelle souterraine et la rive gauche du Mort-Homme.

  • Une journée

    Le Mémorial, Fleury, l'ossuaire et la nécropole, le fort de Douaumont et la tranchée des Baïonnettes.

  • Deux jours

    Ajoutez la ville, la citadelle souterraine, le fort de Vaux et la rive gauche : le Mort-Homme et la cote 304.

  • Trois jours

    Complétez par la butte de Vauquois et ses cratères de mines, la crête des Éparges et le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon, le plus grand cimetière militaire américain d'Europe.

Où dormir

  • Première visite Centre-ville et quais de la Meuse

    Hôtels et chambres autour du quai de Londres et de la cathédrale, restaurants à pied, et le champ de bataille à dix minutes de voiture.

  • Étape pratique Sorties de ville

    Hôtels de chaîne faciles d'accès depuis l'A4, pour une nuit sur la route de l'Est, avec stationnement simple.

  • Calme et budget Villages des côtes de Meuse

    Gîtes et chambres d'hôtes dans les villages de la vallée et des côtes de Meuse, à vingt minutes, à des tarifs parmi les plus bas du pays.

Où manger et quoi goûter

  • Les dragées de Verdun

    La ville revendique l'invention de la dragée, dont la tradition locale fait remonter l'origine au XIIIe siècle. Amandes enrobées de sucre, vendues dans les confiseries du centre.

  • La quiche et la potée lorraines

    Les classiques de la table lorraine, servis dans les restaurants des quais, avec en saison la mirabelle en tarte ou en eau-de-vie.

  • Les vins des côtes de Meuse

    Un petit vignoble en indication géographique protégée, au sud-est de la ville, sur les coteaux qui dominent la plaine de la Woëvre, parmi les vergers de mirabelliers.

Comment y aller et se déplacer

  • Train

    Environ une heure de TGV entre Paris Est et la gare Meuse TGV, puis une navette en car d'une trentaine de minutes jusqu'au centre de Verdun. La gare de Verdun est aussi reliée en TER à Metz et Nancy, avec correspondance.

  • Voiture

    Environ 3 heures depuis Paris par l'A4, une heure depuis Metz. Indispensable pour le champ de bataille, dont les sites sont dispersés sur une dizaine de kilomètres.

  • Sans voiture

    Aucun transport public régulier ne relie les sites du champ de bataille. En saison, des circuits commentés en car partent de la ville ; le vélo à assistance électrique permet aussi de les relier par des routes forestières vallonnées.

  • À pied

    Le centre, la citadelle et les quais se parcourent à pied. Sur le champ de bataille, des sentiers balisés relient villages détruits et ouvrages : n'en sortez pas, des munitions non explosées subsistent dans le sol.

Quel budget prévoir

Poste Petit budget Intermédiaire Confort
Hébergement pour 2 50 à 75 euros 85 à 120 euros 150 euros et plus
Repas par personne 12 à 18 euros 24 à 34 euros 50 euros et plus
Visites 0 euro nécropole et villages 20 à 25 euros Mémorial et un fort 40 à 50 euros tous les sites
Transports sur place 0 euro à pied en ville 10 euros de carburant 30 à 40 euros circuit commenté

Ordres de grandeur constatés hors promotions, à ajuster selon la saison. Voir notre guide du budget voyage en France.

Ce qui ne coûte rien

Tout ne se paye pas, et les sites gratuits comptent souvent parmi les plus marquants.

  • La nécropole nationale et la nef de l'ossuaire de Douaumont.

  • Le village détruit de Fleury-devant-Douaumont et ses sentiers.

  • La tranchée des Baïonnettes.

  • Le Mort-Homme et la cote 304, sur la rive gauche.

  • La cathédrale Notre-Dame, la porte Chaussée et les quais de la Meuse.

L'agenda de l'année

Les rendez-vous qui changent l'ambiance du lieu, en bien comme en affluence. Vérifiez les dates exactes, qui varient d'une année à l'autre.

Période Rendez-vous Ce que cela change
21 février Anniversaire du début de la bataille Cérémonies au Mémorial et à l'ossuaire, en souvenir du déclenchement de l'offensive allemande de 1916.
Avril à octobre Saison des visites Tous les sites ouverts, visites guidées des forts et circuits commentés au départ de la ville.
Fin juin à fin juillet Des flammes à la lumière Le grand son et lumière consacré à la bataille, joué les vendredis et samedis soir par plusieurs centaines de bénévoles dans une ancienne carrière près de Verdun.
Octobre Forêt d'automne Les feuillus du champ de bataille prennent leurs couleurs, la fréquentation baisse et la lumière rasante révèle le relief des trous d'obus.
11 novembre Armistice Cérémonies à l'ossuaire, à la nécropole et au monument à la Victoire, dans la ville.

S'il pleut

Le vocabulaire du coin

Noria
Système de rotation rapide des divisions mis en place par Pétain en 1916 : les unités montaient en ligne quelques jours puis étaient relevées, si bien que la majorité de l'armée française est passée par Verdun.
Voie sacrée
La route d'environ cinquante-six kilomètres entre Bar-le-Duc et Verdun, principale artère de ravitaillement de la bataille, où passait un camion toutes les quinze secondes environ au plus fort des combats.
Zone rouge
Terrains si bouleversés et pollués après 1918 qu'ils ont été soustraits à la culture et à l'habitat, puis reboisés. La forêt domaniale de Verdun en est issue.
Village mort pour la France
Formule attachée aux neuf villages détruits autour de Verdun et jamais reconstruits, qui conservent une existence administrative.

Avec qui partir

  • Avec des ados

    Le programme d'histoire de troisième et de première prend corps ici : les galeries des forts et la nacelle de la citadelle marquent davantage qu'un manuel.

    Notre guide avec des ados
  • En famille

    À partir de dix ans environ, en préparant la visite. Le Mémorial montre des images dures, mais les forts et les tranchées rendent l'histoire concrète.

    Notre guide en famille
  • En solo

    Le champ de bataille se prête à une visite en silence, tôt le matin, quand les sentiers forestiers sont déserts.

    Notre guide en solo
  • En groupe

    Le Mémorial et les forts accueillent les groupes sur réservation, avec des guides spécialisés. Prévoyez un car pour relier les sites.

    Notre guide en groupe
  • Seniors et voyage confortable

    Les principaux sites sont proches les uns des autres et accessibles en voiture ; seuls les forts demandent de marcher sur des sols humides et inégaux.

    Notre guide seniors et voyage confortable

À voir dans les environs

  • 25 km La butte de Vauquois

    Un village rayé de la carte par la guerre des mines, dont les cratères entaillent encore la colline.

  • 20 à 35 km Les Éparges et Saint-Mihiel

    La crête des Éparges racontée par Maurice Genevoix, puis le sépulcre sculpté par Ligier Richier dans l'église Saint-Étienne de Saint-Mihiel.

  • 75 km Metz

    Le Centre Pompidou-Metz et la cathédrale aux immenses verrières.

  • 120 km Reims

    La cathédrale des sacres, bombardée en 1914 puis restaurée, et les maisons de champagne.

Les erreurs à éviter

Verdun : questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour visiter Verdun et le champ de bataille ?

Une journée pleine pour le Mémorial, l'ossuaire, le fort de Douaumont, Fleury et la tranchée des Baïonnettes. Deux jours permettent d'ajouter la citadelle souterraine, le fort de Vaux, la ville et la rive gauche du Mort-Homme.

Par où commencer la visite du champ de bataille de Verdun ?

Par le Mémorial de Verdun, à Fleury-devant-Douaumont : deux heures pour comprendre la chronologie, les forces en présence et le terrain. Enchaînez ensuite le village détruit de Fleury, l'ossuaire, puis le fort de Douaumont, tous à quelques minutes de route les uns des autres.

Combien de morts à la bataille de Verdun ?

Environ 163 000 Français et 143 000 Allemands, soit plus de 300 000 morts en dix mois, et plus de 700 000 victimes si l'on compte les blessés et les prisonniers. L'ossuaire de Douaumont conserve les restes d'environ 130 000 soldats non identifiés des deux camps.

Peut-on visiter Verdun sans voiture ?

La ville et la citadelle, oui : TGV jusqu'à Meuse TGV puis navette, et tout se fait à pied dans le centre. Pour le champ de bataille, à une dizaine de kilomètres, il faut réserver un circuit commenté au départ de la ville, prendre un taxi ou louer un vélo à assistance électrique.

Le champ de bataille de Verdun convient-il aux enfants ?

À partir de dix ans environ, en préparant la visite. Le Mémorial montre des images dures, mais les forts, les tranchées et la nacelle de la citadelle souterraine rendent l'histoire concrète pour les plus grands.

Combien coûtent les visites à Verdun ?

La nécropole, la nef de l'ossuaire, Fleury et la tranchée des Baïonnettes sont gratuits. Le Mémorial, les forts, la tour de l'ossuaire et la citadelle souterraine sont payants, pour un total d'environ quarante à cinquante euros par adulte si l'on visite tout.

Par La rédaction de Gueule d'Hexagone

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