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Vaste paysage naturel de plateau avec brume matinale

Idées · Montagne et grands espaces

Nature et grands espaces

Onze parcs nationaux, 58 parcs naturels régionaux couvrant 16 pour cent du territoire et une cinquantaine de Grands Sites de France. Le pays protège davantage qu'on ne le croit, et l'essentiel de ces espaces reste gratuit et librement accessible.

Lecture : 8 min

Parcs nationaux
11
Parcs naturels régionaux
58
Grands Sites de France
une cinquantaine
Accès
gratuit dans la quasi-totalité

Ce qu'il faut savoir

Trois statuts coexistent. Les parcs nationaux, à réglementation stricte en zone cœur : chiens interdits, bivouac encadré, prélèvements proscrits. Les parcs naturels régionaux, territoires habités où l'activité humaine continue, avec des règles souples. Les réserves naturelles, plus petites et souvent centrées sur une espèce ou un milieu.

Le label Grand Site de France distingue les sites très fréquentés ayant réussi leur gestion : pointe du Raz, baie de Somme, Deux Caps, dune du Pilat, Sainte-Victoire. C'est un bon indicateur de qualité d'accueil autant que de paysage.

Pour en profiter réellement, une règle suffit : marcher une heure. Partout en France, la fréquentation s'effondre au-delà d'une heure de marche depuis un parking.

Les espaces naturels à découvrir

  • Baie de Somme

    Sept mille hectares d'estran, la plus grande colonie française de phoques veaux-marins et 300 espèces d'oiseaux.

    Somme (80) · Deux jours pour l'essentiel, trois avec la Côte d'Opale ou Amiens.
  • Gorges du Verdon

    Le plus grand canyon d'Europe, entre parc naturel régional et réserve biologique.

    Alpes-de-Haute-Provence (04) · Trois jours pour combiner une route panoramique, une randonnée et une journée sur le lac.
  • Presqu'île de Crozon

    Cœur du parc naturel régional d'Armorique, entre lande, falaises et mer d'Iroise.

    Finistère (29) · Trois jours pour voir les trois pointes sans courir, deux jours au minimum.
  • Gorges de l'Ardèche

    Réserve naturelle nationale de 1 575 hectares, à descendre en canoë avec bivouac encadré.

    Ardèche (07) · Deux jours pour le canoë et la grotte, quatre pour ajouter la route panoramique et les villages.
  • Chamonix

    Réserves naturelles des Aiguilles Rouges et du Carlaveyron, face au massif du Mont-Blanc.

    Haute-Savoie (74) · Trois jours pour les grands sites, cinq pour randonner sérieusement.
  • Noirmoutier

    Marais salants, réserves ornithologiques et estrans, un paysage entièrement façonné par l'eau.

    Vendée (85) · Deux jours pour l'essentiel, quatre pour un séjour balnéaire à vélo.
  • Côte de Granit rose

    La réserve naturelle des Sept-Îles, la seule colonie de fous de Bassan de France et la principale colonie de macareux du pays, observables en bateau jusqu'en juillet.

    Côtes-d'Armor (22) · Deux jours pour le sentier, Trégastel et les Sept-Îles, trois avec Tréguier ou l'île de Bréhat.
Vaste estran de la baie de Somme à marée basse sous un ciel immense

Baie de Somme

Un estran immense, des phoques, des oiseaux et une lumière que les peintres viennent chercher.

2 à 3 jours Somme (80)
Canyon profond du Verdon avec rivière vert émeraude et kayaks minuscules

Gorges du Verdon

Le plus grand canyon d'Europe, une eau vert émeraude et deux routes panoramiques spectaculaires.

2 à 4 jours Alpes-de-Haute-Provence (04)
Pointe rocheuse couverte de lande au-dessus d'une mer turquoise sur la presqu'île de Crozon

Presqu'île de Crozon

Falaises, criques turquoise et landes battues : la Bretagne dans sa version la plus brute.

2 à 4 jours Finistère (29)

Des milieux naturels que l'on ne trouve qu'en France

Au-delà des parcs nationaux, le pays conserve des paysages façonnés par la géologie ou par des siècles de travail humain, sans équivalent ailleurs en Europe.

  • Les volcans d'Auvergne

    Quatre-vingts volcans alignés sur trente-deux kilomètres, classés au patrimoine mondial, tous nés en moins de cent mille ans.

    Puy-de-Dôme (63) · Trois jours pour la chaîne des Puys et le Sancy, cinq à six avec le Cantal et l'Aubrac.
  • Le Jura, cascades et reculées

    Les reculées, ces vallées en cul-de-sac fermées par des falaises circulaires, une formation propre au rebord du plateau jurassien.

    Jura (39) · Trois jours pour les cascades, les lacs et une reculée, cinq pour y ajouter le vignoble et le haut Jura.
  • Amiens

    Les hortillonnages, trois cents hectares de parcelles maraîchères entourées de soixante-cinq kilomètres de canaux.

    Somme (80) · Une journée pour la ville, deux avec la baie de Somme à une heure.
  • Bassin d'Arcachon

    Une mer intérieure de cent cinquante-cinq kilomètres carrés qui se vide aux deux tiers deux fois par jour.

    Gironde (33) · Trois jours pour la dune, Arcachon et le cap Ferret, cinq pour en faire le tour complet.
  • Côte d'Opale

    Deux caps encadrant le point le plus étroit du détroit, avec des pelouses calcaires et des falaises de craie.

    Pas-de-Calais (62) · Deux jours pour les deux caps, quatre pour descendre jusqu'à la baie d'Authie.
  • Marais poitevin

    La deuxième zone humide de France après la Camargue : la Venise verte, ses conches bordées de frênes têtards et ses barques plates menées à la pigouille.

    Deux-Sèvres (79) · Une journée pour Coulon et une promenade en barque, deux à trois pour ajouter le vélo, Arçais et Maillezais.
Alignement de cônes volcaniques verts de la chaîne des Puys sous une lumière rasante

Les volcans d'Auvergne

Quatre-vingts volcans classés, des lacs de cratère et la montagne la plus abordable de France.

3 à 6 jours Puy-de-Dôme (63)
Barque à fond plat glissant entre les parcelles cultivées des hortillonnages d'Amiens

Amiens

La plus grande cathédrale de France, des jardins flottants et la maison de Jules Verne.

1 à 2 jours Somme (80)

Deux milieux extrêmes, à deux heures l'un de l'autre

Le sud de la France juxtapose des paysages qui n'ont rien en commun, du delta humide au plateau calcaire aride.

  • Arles et la Camargue

    Cent cinquante mille hectares de delta, des dizaines de milliers de flamants et la seule colonie de reproduction de France.

    Bouches-du-Rhône (13) · Deux jours pour Arles, quatre avec la Camargue et les Saintes-Maries.
  • Gorges du Tarn et causses

    Cinquante-trois kilomètres de canyon et des plateaux calcaires parmi les moins peuplés du pays.

    Lozère (48) · Trois jours pour les gorges, cinq avec les causses, l'Aven Armand et le Cirque de Navacelles.
  • Île de Ré

    Des marais salants encore exploités et une réserve naturelle où stationnent des milliers d'oiseaux migrateurs.

    Charente-Maritime (17) · Quatre jours pour l'île, une semaine pour y ajouter La Rochelle et l'île d'Aix.
Flamants roses dans un étang camarguais au lever du jour, roselière en arrière-plan

Arles et la Camargue

Une ville romaine classée et, à dix minutes, le plus grand delta d'Europe de l'Ouest.

3 à 4 jours Bouches-du-Rhône (13)
Méandre du Tarn encaissé entre des falaises calcaires, canoës sur l'eau verte

Gorges du Tarn et causses

Cinquante-trois kilomètres de canyon, des villages suspendus et des plateaux presque vides.

3 à 5 jours Lozère (48)
Ruelle blanche à volets verts bordée de roses trémières dans un village rétais

Île de Ré

Cent dix kilomètres de pistes plates, dix villages blancs et des marais salants.

4 à 7 jours Charente-Maritime (17)

Les règles à connaître

  • Zone cœur de parc national

    Chiens interdits même en laisse, bivouac autorisé seulement à proximité des refuges et entre 19 h et 9 h, cueillette et feux proscrits.

  • Bivouac et camping sauvage

    Le camping sauvage est interdit sur le littoral, dans les sites classés et dans de nombreuses communes. Le bivouac d'une nuit reste toléré en montagne hors zones protégées.

  • Observation de la faune

    Gardez vos distances, utilisez des jumelles et ne nourrissez jamais. Phoques, bouquetins et oiseaux nicheurs sont protégés et sensibles au dérangement.

  • Risque incendie

    De juin à septembre, les massifs méditerranéens ferment selon un arrêté quotidien. Consultez-le la veille au soir.

Observer sans déranger

  • La distance de fuite

    Un animal qui vous regarde est déjà dérangé. S'il se déplace, la distance est trop courte : reculer plutôt qu'attendre.

  • Les heures utiles

    L'aube et le crépuscule concentrent l'essentiel de l'activité animale. Entre 10 h et 17 h, l'observation en milieu ouvert donne presque toujours peu.

  • Rester sur les sentiers

    Dans les réserves et les dunes, le piétinement hors sentier détruit une végétation qui met des décennies à se reconstituer.

  • Le brame et la période de reproduction

    De mi-septembre à mi-octobre pour le cerf, au printemps pour les oiseaux nicheurs. Ce sont les moments les plus spectaculaires et les plus sensibles au dérangement.

Le calendrier de la nature

Chaque saison déplace le spectacle : oiseaux d'eau en hiver sur le littoral atlantique, orchidées et prairies fleuries au printemps, grande faune de montagne à l'approche de l'été, migrations et brame à l'automne. Connaître ce calendrier permet de choisir la bonne destination au bon moment, plutôt que d'arriver quand les animaux sont partis.

Plusieurs de ces rendez-vous se greffent sur une étape : hivernants du golfe du Morbihan ou du bassin d'Arcachon, phoques de la baie de Somme, brame à Chambord, migration d'automne dans le Pays basque intérieur. Pour les espaces les plus protégés, voyez aussi notre page parcs nationaux et réserves.

PériodeOù allerCe que l'on observeLe conseil
Novembre à févrierGolfe du Morbihan, bassin d'Arcachon, baie du Mont-Saint-MichelBernaches cravants venues de l'Arctique sibérien, canards et limicoles en hivernage sur les vasièresVenez à marée montante : l'eau qui recouvre les vasières pousse les oiseaux vers le rivage et les regroupe sur leurs reposoirs
Avril à juinCoteaux calcaires de la Côte d'Opale, des Causses et du Jura ; plateau de l'AubracOrchidées sauvages sur les pelouses sèches, puis jonquilles et narcisses qui couvrent les prairies d'altitude de l'AubracBeaucoup d'orchidées sont protégées : photographiez-les sans les cueillir et sans piétiner les pieds voisins
Mai et juinVanoise, Écrins, MercantourBouquetins et chamois descendus brouter sur les pentes qui reverdissent, souvent visibles depuis les sentiers de moyenne altitudeLa neige tient encore en altitude et la plupart des refuges n'ouvrent qu'en juin : renseignez-vous avant de viser un col
Juin et juilletBaie de SommeNaissance des jeunes phoques veaux-marins sur les bancs de sable découverts à marée basseUn jeune phoque seul sur la plage n'est pas forcément abandonné : ne le touchez pas, éloignez-vous et signalez-le s'il paraît blessé
Juillet et aoûtMassifs alpins et pyrénéens, au-dessus de 1 800 mètres environFlore alpine en pleine floraison, marmottes, lacs d'altitude libres de glacePartez tôt : les orages de montagne éclatent le plus souvent l'après-midi
Mi-septembre à mi-octobreDomaine national de Chambord, forêts des Vosges et des CévennesBrame du cerf, à écouter à l'aube et au crépusculeÀ Chambord, des observatoires sont en accès libre ; ailleurs, préférez une sortie accompagnée, qui évite de déranger les hardes
Octobre et novembreCols du Pays basque, dont le col d'Organbidexka, près de la forêt d'IratyPassage des palombes, des milans et d'autres rapaces qui franchissent les Pyrénées vers le sudEmportez jumelles et vêtements chauds ; sur les sites de comptage, les observateurs renseignent volontiers les visiteurs
Mi-octobre à début novembreHêtraies des Vosges, du Morvan et du JuraCouleurs d'automne des forêts de feuillus, du jaune au rouxLes hauteurs virent avant les vallées : suivez la couleur en descendant au fil des semaines
Novembre, puis février et début marsLac du Der-Chantecoq, entre Marne et Haute-MarneGrues cendrées en halte migratoire, par dizaines de milliers certains joursLe retour des vols vers les dortoirs, au coucher du soleil, est le moment le plus spectaculaire : restez sur les digues et les observatoires aménagés

Périodes indicatives pour la France métropolitaine, variables selon l'année, l'altitude et l'exposition.

Budget, matériel et sécurité en pleine nature

Si l'entrée des espaces naturels ne coûte rien, une sortie réussie se prépare : les dépenses se concentrent sur les nuits en refuge et les sorties accompagnées, le reste relève de l'équipement et de quelques réflexes, également détaillés sur notre page sécurité et santé.

  • Le budget

    Comptez environ 55 à 80 euros par personne pour une nuit en demi-pension dans un refuge gardé, et environ 15 à 40 euros par personne pour une demi-journée avec un accompagnateur en montagne ou un guide naturaliste. En été, les parcs et les associations de protection de la nature proposent aussi des sorties gratuites ou à petit prix, annoncées par les maisons de parc et les offices de tourisme.

  • Le matériel

    Une paire de jumelles de grossissement 8 ou 10 sert davantage qu'un téléobjectif pour observer la faune. Ajoutez une carte IGN au 1/25 000, ou son équivalent téléchargé hors ligne, car le réseau mobile disparaît dans de nombreuses vallées, une couche chaude au-dessus de 2 000 mètres même en été et au moins 1,5 litre d'eau par personne pour une demi-journée. Le reste figure sur notre page bagages et équipement.

  • Les réservations

    En juillet et en août, les refuges gardés affichent souvent complet plusieurs semaines à l'avance, surtout le week-end. Certains sites saturés filtrent aussi l'accès : le parc national des Calanques, aux portes de Marseille, a instauré à l'été 2022 une réservation gratuite pour descendre à la calanque de Sugiton en haute saison. Ces dispositifs évoluent d'une année à l'autre : vérifiez-les avant de venir.

  • Les marées

    Sur les estrans, la mer remonte vite et encercle les promeneurs par les chenaux : en baie du Mont-Saint-Michel comme en baie de Somme, ne traversez qu'avec un guide. Vérifiez l'horaire et le coefficient de marée avant toute sortie, y compris pour le passage du Gois, la route submersible qui relie Noirmoutier au continent, praticable seulement autour de la basse mer.

  • Les tiques

    Du printemps à l'automne, les tiques des forêts et des hautes herbes peuvent transmettre la maladie de Lyme. Portez des vêtements longs et clairs, inspectez-vous le soir même et retirez toute tique avec un tire-tique : plus elle est enlevée tôt, plus le risque de transmission est faible. Une plaque rouge qui s'étend autour de la piqûre dans les jours ou les semaines suivantes justifie une consultation.

  • En cas d'accident

    Le 112 aboutit par n'importe quel réseau mobile disponible, même si votre opérateur ne couvre pas la zone. Le GPS du téléphone fonctionne sans connexion : relevez vos coordonnées dans une application de randonnée avant d'appeler, elles font gagner un temps précieux aux secours.

Les erreurs à éviter

Nature et grands espaces : questions fréquentes

Combien de parcs nationaux en France ?

Onze, dont sept en métropole : Vanoise, Écrins, Mercantour, Pyrénées, Cévennes, Port-Cros et Calanques, auxquels s'ajoute le parc national de forêts. Les quatre autres sont en outre-mer.

Peut-on camper dans un parc national ?

Le camping est interdit en zone cœur. Le bivouac, c'est-à-dire une nuit avec départ au matin, est toléré à proximité immédiate des refuges, généralement entre 19 h et 9 h. Les règles varient selon les parcs.

Faut-il payer pour entrer dans un parc naturel ?

Non, l'accès aux parcs nationaux et régionaux est libre et gratuit. Seuls certains parkings, navettes ou sites aménagés, comme la dune du Pilat ou le pont du Gard, sont payants.

Quelle est la meilleure période pour observer les oiseaux migrateurs en France ?

Deux fenêtres se partagent l'année : la migration de printemps, de mars à mai, et celle d'automne, d'août à novembre, plus étalée et plus fournie puisqu'elle compte les jeunes de l'année. Les cols pyrénéens, la pointe de Grave à l'extrémité du Médoc, le cap Gris-Nez et le lac du Der-Chantecoq comptent parmi les sites de suivi les plus connus. Au début de l'automne, les associations de protection des oiseaux organisent dans de nombreuses régions des journées d'observation encadrées, souvent gratuites.

Que faire si l'on croise un patou pendant une randonnée en montagne ?

Le patou, ou chien de protection, garde le troupeau et vient au-devant de tout intrus pour l'évaluer. Contournez largement les moutons, arrêtez-vous s'il approche, restez calme sans crier ni brandir de bâton, et laissez-le vous identifier avant de repartir lentement. À vélo, descendez et marchez à côté de votre machine ; ne tentez jamais de le caresser ni de le nourrir.

Peut-on cueillir des champignons ou des fleurs dans un parc naturel régional ?

Un parc naturel régional n'édicte pas de réglementation propre : ce sont le droit commun et les arrêtés préfectoraux ou municipaux qui s'appliquent. Les champignons appartiennent au propriétaire du terrain ; en forêt domaniale, l'Office national des forêts tolère une récolte familiale, souvent limitée par arrêté à une petite quantité par personne et par jour. Les plantes protégées, dont de nombreuses orchidées, ne se cueillent pas, et les réserves naturelles situées dans le parc interdisent généralement tout prélèvement.

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Par La rédaction de Gueule d'Hexagone