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Vallée protégée au lever du jour, troupeau de bouquetins sur une crête herbeuse

Idées · Montagne et grands espaces

Parcs nationaux et réserves

Onze parcs nationaux, cinquante-huit parcs naturels régionaux et plus de trois cent cinquante réserves naturelles couvrent près du tiers du territoire. Les règles y diffèrent fortement, et les ignorer expose à des amendes autant qu'à des dégâts durables.

Lecture : 6 min

Parcs nationaux
11
Parcs naturels régionaux
58
Réserves naturelles
plus de 350
Meilleure observation
aube et crépuscule

Ce qu'il faut savoir

Un parc national comporte deux zones. Le coeur, très protégé, où les chiens, le bivouac libre, la cueillette et le survol sont généralement interdits ; et l'aire d'adhésion, beaucoup plus souple, où vivent et travaillent des habitants. La plupart des visiteurs ne savent pas laquelle ils traversent.

Les parcs naturels régionaux relèvent d'une logique différente : ce sont des territoires habités, gérés par convention, sans interdiction générale. Les réserves naturelles, elles, sont souvent minuscules et protègent un milieu précis, avec des règles parfois très strictes.

Dans tous les cas, l'observation se joue à l'aube et au crépuscule. Entre 10 h et 17 h, en milieu ouvert, la faune est à couvert et les chances de rencontre chutent presque à zéro.

Où entrer dans un espace protégé

  • Les volcans d'Auvergne

    Le parc des Volcans d'Auvergne, le plus vaste parc naturel régional de France métropolitaine, avec la chaîne des Puys classée.

    Puy-de-Dôme (63) · Trois jours pour la chaîne des Puys et le Sancy, cinq à six avec le Cantal et l'Aubrac.
  • Corte

    Le parc naturel régional de Corse, qui couvre le tiers de l'île, ses lacs glaciaires et le GR 20.

    Haute-Corse (2B) · Deux jours pour la ville et une vallée, quatre pour les deux gorges et les lacs.
  • Gorges du Verdon

    Le parc naturel régional du Verdon et la réserve géologique de Haute-Provence, dans le plus grand canyon d'Europe.

    Alpes-de-Haute-Provence (04) · Trois jours pour combiner une route panoramique, une randonnée et une journée sur le lac.
  • Baie de Somme

    La réserve naturelle de la baie de Somme et sa colonie de phoques, l'une des plus importantes de France.

    Somme (80) · Deux jours pour l'essentiel, trois avec la Côte d'Opale ou Amiens.
  • Chamonix

    Les réserves naturelles des Aiguilles Rouges et de Carlaveyron, face au massif du Mont-Blanc.

    Haute-Savoie (74) · Trois jours pour les grands sites, cinq pour randonner sérieusement.
  • Calvi et la Balagne

    La réserve de Scandola, classée au patrimoine mondial, accessible uniquement par la mer depuis la Balagne.

    Haute-Corse (2B) · Trois jours pour Calvi et la Balagne, cinq avec Scandola et la côte ouest.
  • Îles d'Hyères

    Le parc national de Port-Cros, créé en 1963, protège l'île et ses fonds marins : sentier sous-marin, forêt méditerranéenne intacte et fréquentation régulée en été.

    Var (83) · Une journée par île au minimum, deux à quatre jours pour Porquerolles, Port-Cros et la presqu'île de Giens.
  • Cirque de Gavarnie

    Le cœur du Parc national des Pyrénées et le site franco-espagnol Pyrénées Mont-Perdu, classé au patrimoine mondial pour ses paysages comme pour son pastoralisme.

    Hautes-Pyrénées (65) · Une journée pour le cirque, deux avec Troumouse ou Estaubé, quatre en ajoutant la brèche de Roland et Cauterets.
Alignement de cônes volcaniques verts de la chaîne des Puys sous une lumière rasante

Les volcans d'Auvergne

Quatre-vingts volcans classés, des lacs de cratère et la montagne la plus abordable de France.

3 à 6 jours Puy-de-Dôme (63)
Citadelle de Corte perchée sur son piton rocheux au-dessus des toits et de la montagne

Corte

La capitale historique de l'île, ses gorges et les lacs glaciaires du Monte Rotondo.

2 à 4 jours Haute-Corse (2B)
Canyon profond du Verdon avec rivière vert émeraude et kayaks minuscules

Gorges du Verdon

Le plus grand canyon d'Europe, une eau vert émeraude et deux routes panoramiques spectaculaires.

2 à 4 jours Alpes-de-Haute-Provence (04)

Les règles en coeur de parc national

  • Les chiens

    Interdits, même tenus en laisse, dans la zone coeur de la plupart des parcs nationaux. Les parcs naturels régionaux les acceptent en laisse.

  • Le bivouac

    Toléré sous conditions : d'ordinaire de 19 h à 9 h, à plus d'une heure de marche d'un accès routier, une seule nuit au même endroit. Le camping, lui, reste interdit.

  • La cueillette et les prélèvements

    Fleurs, minéraux, fossiles et bois mort sont protégés. Ramasser une edelweiss ou un fossile expose à une amende.

  • Les drones

    Le survol est interdit en coeur de parc et au-dessus des réserves, pour le dérangement de la faune autant que pour la sécurité.

Observer la faune sans la déranger

  • Aube et crépuscule

    Les deux seules fenêtres réellement productives. Un lever à 5 h en été vaut mieux que trois heures de marche à midi.

  • La distance de fuite

    Un animal qui vous fixe est déjà dérangé. S'il se déplace, reculez : l'insistance lui coûte de l'énergie, parfois vitale en hiver.

  • Les jumelles plutôt que l'approche

    Une paire 10x42 change tout et permet de rester à deux cents mètres. L'approche rapprochée ne donne presque jamais de meilleure observation.

  • Le silence et les couleurs neutres

    La voix porte beaucoup plus loin qu'on ne le croit en montagne. Les vêtements vifs sont repérés de très loin par les ongulés.

Le calendrier de l'observation

La faune et la flore suivent un calendrier précis, qui décide du bon moment bien plus que la météo. Voici, saison par saison, les rendez-vous les plus sûrs dans les espaces protégés, parcs nationaux comme réserves naturelles, du littoral breton aux étangs camarguais.

Plusieurs se combinent avec un séjour : la Côte de Granit rose pour les Sept-Îles, Collioure pour la réserve marine de Cerbère-Banyuls, Chambord pour le brame, Arles et la Camargue pour les oiseaux d'hiver.

PériodeCe qu'on observeOùConseil
Avril et maiBouquetins et chamois sur les pentes déneigées, marmottes au sortir de l'hibernationVanoise, Écrins, MercantourLes ongulés descendent chercher l'herbe nouvelle et se montrent alors plus bas qu'en été ; la neige couvre encore les sentiers d'altitude.
Avril à juilletMacareux moines, fous de Bassan et autres oiseaux marins nicheursRéserve naturelle nationale des Sept-Îles, au large de Perros-GuirecSeule l'île aux Moines se visite à pied ; les autres, dont Rouzic, unique colonie française de fous de Bassan, s'observent depuis le bateau.
Juin et juilletFloraison des prairies d'altitudeMercantour, Écrins, PyrénéesJuin en moyenne montagne, juillet au-dessus de 2 000 mètres. Les maisons du parc renseignent sur l'enneigement des cols.
Juin à aoûtNaissance puis allaitement des jeunes phoques veaux-marinsBaie de Somme, depuis la pointe du HourdelObservez à marée basse et aux jumelles, sans descendre sur les bancs de sable : un petit séparé de sa mère par le dérangement risque de ne pas survivre.
Juillet et aoûtHerbiers de posidonie, poissons de roche et mérousRéserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls, sentier sous-marin de PeyrefitePremière réserve naturelle exclusivement marine de France, créée en 1974. Le sentier est balisé et encadré en été ; prévoyez masque, tuba et palmes.
Mi-septembre à mi-octobreBrame du cerfParc national de forêts, Cévennes, domaine national de ChambordÉcoutez à la tombée du jour depuis les chemins ou les observatoires, sans entrer dans les parcelles. Les sorties encadrées se réservent tôt.
Octobre à marsFlamants roses, canards et limicoles hivernantsRéserve naturelle nationale de Camargue, sentiers de La CapelièreMoins de moustiques qu'en été, et des effectifs d'oiseaux d'eau au plus haut pendant l'hiver.
Fin octobre à févrierGrues cendrées en migration et en hivernageRéserve naturelle nationale d'Arjuzanx (Landes), lac du Der (Champagne)Le retour au dortoir, au coucher du soleil, est le moment fort : restez sur les points d'observation aménagés.

Périodes indicatives : elles varient avec l'altitude, l'enneigement et les années.

Accès, matériel et sécurité

L'entrée des parcs nationaux est gratuite en France, sans billet ni droit d'accès, comme celle de la plupart des réserves naturelles, à l'exception de quelques sites aménagés. Les dépenses tiennent aux à-côtés, et la préparation compte davantage que le budget. Pour les sorties en altitude, nos pages montagne et sécurité et santé complètent ces conseils.

  • Ce qui se paie

    Les parkings saisonniers des sites les plus fréquentés, les navettes estivales, les traversées en bateau vers les îles et les sorties guidées. En refuge gardé, comptez environ 55 à 85 euros la nuit en demi-pension, à réserver dès le printemps pour juillet et août.

  • Les sorties avec les agents du parc

    Chaque été, les parcs nationaux publient un programme de sorties naturalistes, de veillées et de conférences, souvent gratuites ou à petit prix, sur inscription auprès des maisons du parc. C'est le meilleur moyen de repérer les secteurs où la faune se montre.

  • Le risque d'incendie en Méditerranée

    Du 1er juin au 30 septembre, l'accès aux massifs forestiers des Bouches-du-Rhône, dont ceux du Parc national des Calanques, dépend d'une carte du risque publiée chaque jour par la préfecture pour le lendemain. Au niveau rouge, les massifs sont fermés toute la journée. Le Var applique un dispositif comparable, et certaines calanques très fréquentées, comme Sugiton, ont été soumises à une réservation gratuite plusieurs étés de suite.

  • Le matériel qui manque le plus

    De l'eau en quantité, faute de point d'eau potable fiable ; une carte IGN au 1/25 000 ou une application téléchargée hors ligne, le réseau mobile étant absent de nombreux vallons ; une couche chaude et un coupe-vent, même en juillet au-dessus de 2 000 mètres ; un sac pour redescendre ses déchets, les poubelles étant rares ou absentes.

  • Face à un chien de protection

    Arrêtez-vous, restez calme et laissez le patou vous identifier, sans crier ni lever les bras ou les bâtons. Poursuivez ensuite au pas en vous éloignant du troupeau ; à vélo, descendez et poussez votre machine jusqu'à l'avoir dépassé.

  • Orages et secours

    En été, les orages éclatent souvent l'après-midi en montagne : partez tôt et quittez les crêtes dès que le ciel se charge. Le 112 fonctionne partout où un réseau passe, même celui d'un autre opérateur ; avant une sortie isolée, laissez votre itinéraire à un proche.

Les erreurs à éviter

Parcs nationaux et réserves : questions fréquentes

Combien y a-t-il de parcs nationaux en France ?

Onze, dont trois outre-mer. En métropole : Vanoise, Écrins, Mercantour, Pyrénées, Cévennes, Port-Cros, Calanques et forêts de Champagne et Bourgogne. S'y ajoutent cinquante-huit parcs naturels régionaux, aux règles bien plus souples.

Peut-on bivouaquer dans un parc national ?

En général oui, sous conditions : entre 19 h et 9 h, à plus d'une heure de marche d'un accès routier, une nuit au même endroit, sans feu. Les règles varient d'un parc à l'autre et sont affichées aux départs de sentier.

Les chiens sont-ils admis dans les parcs ?

Non en coeur de parc national, même en laisse. Oui en laisse dans les parcs naturels régionaux, à condition de contourner largement les troupeaux gardés par des chiens de protection.

Dans quel parc national voir des bouquetins en France ?

La Vanoise, premier parc national français, créé en 1963 notamment pour sauver le bouquetin des Alpes, reste la référence : on en observe régulièrement autour de Pralognan-la-Vanoise et en haute Maurienne. Les Écrins et le Mercantour abritent aussi des populations issues de réintroductions. Dans les Pyrénées, le bouquetin ibérique est de retour depuis 2014, notamment autour de Cauterets.

Faut-il réserver pour visiter Porquerolles en été ?

C'est vivement conseillé. Porquerolles fait partie du Parc national de Port-Cros, et sa fréquentation est régulée en juillet et en août, autour de 6 000 visiteurs par jour, par le nombre de billets de traversée mis en vente. Achetez votre traversée à l'avance depuis la Tour Fondue, sur la presqu'île de Giens, surtout pour un week-end ; sur l'île, les voitures des visiteurs sont interdites.

Peut-on rejoindre un parc national sans voiture ?

Oui, pour plusieurs d'entre eux. Les Calanques commencent aux portes de Marseille, où les bus urbains desservent Luminy et Callelongue, points de départ des sentiers, tandis que Cassis donne accès à pied à Port-Miou et à En-Vau. Port-Cros et Porquerolles se rejoignent en bateau depuis Hyères, et Pralognan-la-Vanoise en car depuis la gare de Moûtiers.

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Par La rédaction de Gueule d'Hexagone